Intoxiquer et opprimer les peuples indigènes pour de l’or et des mines

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L'extractivisme est le plus souvent décrit à travers des flux géographiques et des millions de tonnes de matières premières extraites de la Terre. S'arrêter sur un lieu et un peuple indigène du Brésil victime des appétits des industries minières et d'orpaillage permet d'appréhender différemment ce phénomène global de destruction des territoires et des vivants qui y habitent.
Après les attaques du gouvernement brésilien dirigées contre les populations indigènes du pays, un peuple guerrier gardien de la forêt Amazonienne, les...

Comment meurt la forêt pour que croisse la métropole

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Chronique de l’écocide. Du 11 au 13 septembre, déboisement musclé de 5 hectares de forêt à l’est d’Orléans pour poursuivre l’expansion urbaine de la métropole avec 15 Km de déviation routière et un pont sur la Loire sauvage. Assister à la destruction d’une forêt qu’on n’a pas pu défendre est déchirant. Raconter cette guerre éclair et se souvenir ouvre la voie à une réappropriation et à la poursuite de la lutte. Sève qui peut !
Avant la vue, il y a le bruit : toutes les 30 secondes, un bref craquement jaillit de la mêlée compacte de cette...

Nos corps diplomatiques

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Amazonie, 2000. Pêches matinales et incident diplomatique. Yoann Moreau revient sur un quiproquo comme il en arrive souvent aux anthropologues en cultures autres. L'épisode nous donne à comprendre qu'habiter la Terre c'est cohabiter dans le divers des vivants, ayant chacun leur territorialité, leurs signes. C'est vivre en diplomate sur un sol qui ne nous appartient pas.
Récit ethnographique. Salvação (État du Pará, Brésil). 2000. L’aurore commence tout juste à poindre, teintant le ciel de gris...

Vivre parmi les existants : une épreuve de monde

Bonnes feuilles – Comment repenser des manières d’habiter la Terre qui ne dissocient plus les êtres humains des non humains, c’est-à-dire qui donnent formes aux transformations réciproques des existants en les inscrivant dans des mondes communs ? Dans leur livre Le Toucher du monde, techniques du naturer (2019), David gé Bartoli et Sophie Gosselin nous invitent à réinventer notre rapport sensible au monde.
Extrait du livre Le toucher du monde, techniques du naturer, de David gé Bartoli et Sophie Gosselin, éditions Dehors, sept. 2019.

Le paresseux et le brasier

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La forêt est-elle hérétique ou sorcière ? Mérite-t-elle le bûcher ? Les incendies nous avilissent en même temps qu'ils font périr plantes et animaux. Pablo Solon nous invite à devenir, un instant, paresseux, et à placer comme lui tous nos espoirs de survie dans le vent, la pluie, la solidité d'un arbre trois fois centenaire : en un mot d'embrasser la forêt, au lieu de l'embraser.
Traduction d'un texte publié dans Pàgina Siete en août 2019 sous le titre « El perezoso y la hoguera » et traduit...

La vie en flammes

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L’Amazonie brûle aussi en Bolivie. Elizabeth Peredo est le témoin des feux qui ravagent la forêt du Chiquitano. Elle accuse le gouvernement « progressiste » bolivien d’organiser le saccage de la Terre entretenue par les « invisibles », les peuples indigènes, les femmes. Ce texte sensible est un appel écoféministe à la révolte depuis la Terre où nous sommes ancrés corporellement.
Texte paru en août 2019 dans El Observatorio Boliviano de Cambio Climático y “Desarrollo” traduit de l'espagnol par Elisende Coladan.

Retrouver la vie, bloquer l’économie : impressions du camp d’été d’Extinction...

Y a-t-il du nouveau dans le mouvement climat ? Apparu en France l'hiver dernier, le mouvement Extinction Rebellion organise la résistance contre la destruction de la vie par des blocages de l'économie. Des membres de Désobéissance écolo Paris nous ont envoyé ce témoignage de leur camp d'été, où il est aussi question d'autonomie et de « culture régénératrice ».
Un petit coin de verdure au creux d’un vallon charentais, sur les terres d’une ferme anarchiste bio. C’est le lieu choisi par...

Battre l’enfer quand il fait chaud

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Chronique de l’écocide. Cet été, le « jour du dépassement », symbole d’une économie de prédation qui conduit l’humanité à accélérer le pillage de la Terre, coïncide avec des vagues de chaleur sans précédent à travers le monde. Assiste-t-on enfin à la rencontre du monde sensible et du monde intelligible ? Comment transformer la violence de ces épisodes en énergie politique ?
Jusqu’à peu, la chaleur de l’été instaurait une souveraineté particulière sur les corps et les esprits : y dominaient des affects d’excitation, des désirs...