Recension

Géopoétiser avec Kenneth White

Détour « géopoétique », à la frontière entre philosophie, science, pensée et poésie, sur les traces d’un écrivain parcourant le monde en « nomade intellectuel », Kenneth White. Suivons cette exigeante proposition « d’élargissement de l’existence » qui résonne avec notre condition terrestre.

Le Grand Dérangement

Que dit l'absence de la catastrophe climatique dans la trame de la fiction littéraire moderne, alors que la destinée de la Terre, de l’habitat des humains et des autres qu’humains est en jeu – alors qu'est venu le temps du Grand Dérangement ? Quand la catastrophe devient réelle, quels récits pour changer de monde ?

Penser depuis l’oiseau

Les oiseaux ont dernièrement fait l’objet de multiples ouvrages, non seulement parce que la destruction de la biodiversité les met en danger, mais aussi parce qu’ils invitent à écouter la nature autrement. A travers la recension croisée de trois livres récemment sortis, Roméo Bondon suit les trajectoires tracées par des auteurs sur la piste des oiseaux.

Le merle et la philosophe

Penser différemment le territoire, grâce aux oiseaux : à rebours de la fascination des scientifiques pour la compétition animale, Vinciane Despret propose une conception du territoire attentive aux assemblages et relations d’interdépendance qui s’y jouent. Le savoir, nous dit-elle, doit devenir l’allié des vivants qu’il étudie.

Ce que les zoos prennent aux animaux

Violette Pouillard a récemment publié une histoire inédite des zoos par les animaux. En donnant la parole aux captifs, ce livre nous plonge dans le quotidien de ces millions d’animaux qui ont pour geôliers ceux qui disent les protéger. Un plongée dans l’empire du conservationnisme.

La nature sublime

Dans Le temps du paysage, Jacques Rancière nous parle de l’art des jardins. Ce qui semble être une branche pour le moins secondaire des beaux-arts a été pourtant, à l’époque la Révolution française, le site d’un déplacement essentiel du concept de « nature ». Un déplacement artistique, mais aussi politique.

Réécrire l’histoire, neutraliser l’écologie politique

Où va l'écologie politique ? Derrière sa renaissance actuelle, que reste-t-il d'une tradition de pensées et d'actions qui s'est affirmée, dès ses débuts, comme une immense mise en question de l'héritage de la modernité ? La publication du livre « Abondance et liberté » de Pierre Charbonnier est l'occasion de tirer un premier bilan de cet héritage et d'exposer de francs désaccords.

Démanteler la technosphère

Alors que le président Macron invoque le « tournant de l'innovation » pour imposer la 5G, il apparaît de plus en plus clairement que le discours du progrès linéaire sert le maintien d'un seul monde parmi d'autres. A partir d’une lecture du livre Mauvais temps, Jean-Baptiste Vidalou explore l’imposition des dispositifs de contrôle et d’organisation en réseau et les moyens d’y échapper.

Sommes-nous trop sages devant la catastrophe ?

Contre la mémoire sélective du mouvement climat, le dernier livre d’Andreas Malm revient sur le rôle majeur des pratiques de sabotage et d’action directe dans les victoires passées. Son récit alternatif invisibilise pourtant à son tour certaines luttes, notamment écoféministes. Depuis les années 1970, ces dernières contribuent à complexifier les termes souvent binaires du débat violence/non-violence.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

D'où vient notre rapport particulier à la nature ? Quel est le rôle de la domestication des plantes et des animaux dans l'avènement de l'État ? Avec les ressources de l'ethnographie, de l'archéologie et de l'anthropologie, et en s'attaquant au livre plébiscité de James C. Scott, Homo domesticus, Charles Stépanoff vient déconstruire et complexifier l'histoire simplificatrice de la domestication comme réalité homogène et inchangée depuis la Préhistoire.