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« Dans le capitalisme, les non-humains sont des dons gratuits »

Les critiques du capitalisme ont-elles tout dit ? Alyssa Battistoni, spécialiste de théorie politique et figure de la gauche étasunienne, revient sur le problème de la nature comme “don gratuit” chez les écosocialistes. Et va jusqu’à puiser dans l’existentialisme français pour défendre une politique climatique planifiée au nom de la justice sociale. Entretien.

Sortir de la sidération, faire face aux feux

Chaque été, le récit médiatique sensationnaliste des incendies ravageant des régions entières nous laisse immobiles et apeuré·es. Or, la sidération nous empêche de penser les causes profondes et les responsabilités passées comme futures, prévient l’anthropologue Élise Boutié, spécialiste des feux extrêmes. Elle propose ici quelques pistes d’action.

Un désastre si bien préparé : retour sur l’été dans les Landes

Il y a bien longtemps, on pouvait en rêver : + 2°C, comme un été prolongé. Les 2°C sont là et c’est un cauchemar. Dans les Landes, en plus des incendies monstres à répétition qui dévorent les plantations de pins, une autre brûlure menace, venue de l’océan : celles des physalies, qui débarquent en vagues infernales. Enquête au cœur d’écologies bouleversées.

À Bruxelles, qui peut vivre et respirer ?

Quand on est Noir·e ou Arabe à Bruxelles, on vit dans des quartiers bétonnés, pollués, contrôlés par la police, où les logements sont plus petits et les espaces verts quasi absents. Le militant antiraciste Nordine Saïdi analyse les ségrégations spatiales et raciales de la capitale belge et appelle à les combattre pour sortir d’une “écologie de confort”.

Pour une écologie érotique : jouir pour sauver le monde ?

Et si la jouissance (re)devenait politique ? C’est ce que défend la philosophe écoféministe Myriam Bahaffou dans un essai au croisement des pensées décoloniales et autochtones, qui imagine une éthique environnementale où le plaisir cesse d’être oublié et où les autres qu’humains sont à la fois désirés et désirants. Un ‘date’ avec le vivant qui fait du bien.

“La Gueule ouverte”, le journal qui dénonçait la fin du monde

De 1972 à 1980, la revue “La Gueule ouverte” a hurlé de rage et de rire face à la catastrophe écologique. En textes et en dessins, ses auteurs et autrices ont raillé et dénoncé pollution, militarisation ou consommation, ferraillant contre le nucléaire et les institutions. Extrait d’un livre récent qui lui est consacré, avec un édito du génial Pierre Fournier.

Tu retourneras au purin

Dans “La terre amoureuse (se dit de la terre qui colle aux bottes)”, Rebekka Deubner photographie le territoire des mégabassines, à la rencontre des paysan·nes et de leur milieu. Puis l’autrice Estelle Benazet Heugenhauser prend le prétexte d’une virée en bus dans les Deux-Sèvres pour mêler paysages, mémoire intime et sabotage dans un texte superbe. Extrait.

Le “ciment vert” ou les mascarades du greenwashing

Alors que les ravages engendrés par l’industrie du béton sont désormais connus, ses acteurs promeuvent un innovant “béton vert” censé rectifier les méfaits. Problème : outre que ce ciment existe depuis 140 ans, il ne résoudra en rien les giga-dégâts engendrés par une production amenée à exploser. Mise au point historico-technique sur une poudre aux yeux.

Cultiver la vie dans les cendres : écologies de survie au Liban-Sud

L’invasion israélienne du Liban-Sud ne détruit pas seulement des vies, des champs et des vergers : elle annihile les habitats et fait tout pour rendre le retour impossible. Parmi celles et ceux qui ont choisi de rester malgré le danger, des femmes s’attachent à cultiver la terre. Reportage exclusif dans les jardins d’un territoire dévasté mais résistant.

Comment raconter des histoires à l’heure des catastrophes ?

À l’instar d’Anna Tsing ou Donna Haraway, des chercheur·ses du champ des humanités environnementales appellent à s’attacher aux “histoires vraies” pour décrire l’Anthropocène et ses ravages. Objectif : contrer la sidération et imaginer une (autre) suite au monde. Mais qu’est-ce qu’une “histoire vraie” et comment la raconter ? Analyse d’un terme à démêler.

Sauver nos mémoires de l’obsolescence numérique

Longtemps consignées sur papier, nos archives individuelles et collectives sont désormais numériques… et menacées par l’obsolescence matérielle, les propriétaires de logiciels ou les pouvoirs autoritaires. Pour lutter contre la fabrique de l’oubli et redonner de la matérialité à nos histoires, il est urgent d’imaginer un mouvement d’archivistes citoyen·nes.

Ouvrir la fenêtre pendant l’orage

Celles et ceux qui ont assisté à des spectacles de Baro d’evel portent en eux un petit secret : il existe une compagnie dont l’art total mêle cirque, poésie, danse, chant et travail avec les animaux. Baro d’evel donne forme aux vertiges de notre époque. Leur livre “Le dedans et le dehors”, aussi beau à regarder qu’à lire, raconte leur monde. Extrait.

Contre la pédagogie des “petits gestes”

Dans les programmes scolaires, l'écologie est la plupart du temps réduite à la promotion individualisante et dépolitisée des “petits gestes”. Pour son dernier livre, la philosophe et formatrice Irène Pereira s’appuie sur les différents courants de l’écologie sociale afin d’élaborer une pédagogie de l’action collective face aux injustices socio-écologiques.

Le plomb dans l’aile : alliances et discordes entre chasseurs et ornithos

Des écolos s’alliant aux chasseurs ? Impensable ! Contre les lobbies réactionnaires de la chasse et par pragmatisme, des naturalistes et ornithologues militant·es défendent pourtant une proposition d’union stratégique avec un type de chasse aux oiseaux pour mieux en combattre un autre, particulièrement destructeur. Récit illustré depuis les sommets des Pyrénées.

De la nostalgie au burn-out : comment endurer nos défaites politiques ?

Pour son livre “Burn out”, l’historienne Hannah Proctor a exploré les archives de groupes politiques et interrogé des militant·es sur les émotions négatives qui accompagnent les défaites. Et si la dépression, l’épuisement ou le deuil étaient non pas un fait privé mais une composante à part entière des pratiques collectives d’organisation ? Entretien.

« On est des pauvres, on vit dans des endroits pourris »

Le terme “écologie” a-t-il un sens pour les militant·es racisé·es des quartiers populaires ? Dans un entretien à Terrestres, quatre habitant·es se livrent sur leur quotidien de locataires dans une banlieue de Paris et sur leur lutte pour des conditions d’existence dignes, entre logements exigus et insalubres, incinérateur polluant et racisme structurel.

Quand les injustices environnementales alimentent la droite radicale

Aux États-Unis, des classes populaires blanches vivent sous le seuil de pauvreté dans des régions sinistrées et polluées, entre cancers et opioïdes... tout en soutenant des Républicains fanatisés qui n’ont de cesse d’achever l’État providence. La sociologue Arlie Russell Hochschild a mené l’enquête sur ce paradoxe, analysé dans deux livres à succès.

L’Empire consumé : la Russie malade de son système fossile

Les énergies fossiles russes maintiennent à la fois le régime en place et la société à flot. Une Russie post-Poutine et post-hydrocarbures tiendrait-elle encore debout ? Lecture croisée de deux livres majeurs sur le plus vaste empire du pétrole et du gaz, alors que la guerre en Ukraine se poursuit et que le changement climatique percute la Russie comme jamais.

Faux manifeste pour une vraie écologie politique

Comment aborder les enjeux écologiques à la veille de l’élection de 2027 ? L’histoire internationale récente augure-t-elle une victoire de la gauche ? Dans une nouvelle BD de prospective sérieuse et hilarante, Alessandro Pignocchi esquisse des réponses sous la contradiction de François Mitterrand, d’une outarde présidente ou d’une mésange social-démocrate.

Aux origines antidémocratiques du néolibéralisme

Depuis quarante ans, les néolibéraux expliquent qu'ils agissent au nom de la science en imposant l'économie comme un domaine intouchable régi par des lois présentées comme naturelles. Dans cette préface américaine au livre “Le choix de la guerre civile”, l'historien Quinn Slobodian revient sur ce coup de force.