25 ans après : retours sur les Cosmopolitiques

Ouvrage majeur de philosophie des sciences, les Cosmopolitiques d'Isabelle Stengers ont été réédités en avril 2022 à La Découverte. Terrestres propose à ses lectrices et lecteurs la préface inédite écrite par l'autrice à cette occasion. Elle peut être lue comme une introduction à sa philosophie des sciences.

Sur les (aimables) leçons des pétrocrates menaçant la cohésion du monde

Coup de tonnerre médiatique : les trois dirigeants de Total, EDF et Engie en appellent à la sobriété et à la chasse au gaspillage. Ils osent même recycler une formule chère aux acteurs luttant de longue date pour une décroissance énergétique : « la meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas ». Assiste-t-on au suicide du capitalisme fossile ? À rebours de l’accueil médiatique, Terrestres propose une lecture dissonante.

Pour que la dignité devienne une habitude

Événement politique capital en Colombie, l'élection récente d'une gauche alliée aux luttes féministes et anti-extractivistes a suscité de l'espoir à travers le monde. Avec le philosophe colombien Omar Felipe Giraldo, nous revenons sur cette victoire et sur les défis qu’elle devra affronter.

L’héritage de la Dialectique de la raison chez les écoféministes

Comment articuler les luttes féministes, antiracistes, de classes, antispécistes et écologistes ? Parmi différents chemins possibles, Jean Baptiste Vuillerod propose d'éclairer le corpus écoféministe à partir de la Théorie critique allemande élaborée au milieu du XXe siècle. Cette rencontre entre deux traditions de pensée offre des prises pour comprendre et critiquer la domination de la nature.

Theodor Adorno, la nature et ses normes

Penser la domination de la nature, est-ce nécessairement accepter certaines valeurs ou certaines normes qui seraient antérieures à la politique car, précisément, naturelles ? Ou peut-on imaginer une manière de s'engager qui ne les présuppose pas ? Dès les années 30, le philosophe Theodor W. Adorno mène une réflexion critique sur la modernité qui peut encore inspirer l'écologie politique.

La niche climatique humaine

A mesure que les conséquences du changement climatique se font sentir, se dessine la figure d’un monde de moins en moins vivable. Si l’on peut ajouter des couches pour se protéger des grands froids, lorsque la chaleur devient insupportable, nous n’avons que notre peau à retirer. Mais jusqu’où et pour qui le climat peut-il devenir impropre à la vie humaine ? Selon une étude, il est possible qu’en ce siècle plus de 3 milliards de personnes soient exposées à un climat inhabitable.

Battre l’enfer quand il fait chaud

Chronique de l’écocide. Depuis plusieurs années, le « jour du dépassement », symbole d’une économie de prédation qui conduit l’humanité à accélérer le pillage de la Terre, coïncide avec des vagues de chaleur sans précédent à travers le monde. Assiste-t-on enfin à la rencontre du monde sensible et du monde intelligible ? Comment transformer la violence de ces épisodes en énergie politique ?

70 ans d’agriculture française au service de l’accumulation capitaliste

En 1950, 31 % de la population active française était alors agriculteur.rice. En 2020, ce chiffre est tombé à … 2,5%. Cette spirale sans fin est le produit d’une politique qui a délibérément reposé sur l’industrialisation, le productivisme, la production et la consommation de masse, la concentration des terres et la disparition des paysan.es. Après 70 ans de modernisation agricole, l’impasse écologique se double d’une impasse économique et sociale.

Plus d'articles

Jouir et posséder. Environnement et propriété dans l’histoire

Bonnes feuilles - Y-a-t-il un lien de causalité entre le saccage de la nature et la propriété privée, individuelle et exclusive ? À l'examen des causes du désastre, la propriété privée doit être placée au centre de l'enquête. Cette institution centrale fait l'objet d'une investigation précise dans le riche recueil d’articles traduits par les Éditions Amsterdam. L’introduction proposée ici permet de dévoiler une partie des enjeux et des textes écrits sous un angle historique.

Possibles du réel et réel des possibles

Toute pensée politique désirant l'émancipation collective s'affronte à la transformation du réel. Mais ce qu’il s’agit de viser, de se donner pour but, est loin d’être évident. Devons-nous imaginer des utopies servant de principes à l'action politique, mais sans espoir de les voir naître ? Ou bien devons-nous trouver des voies de transformation proches du réel, et abandonner l'idée d'un absolu politique ?

La Décroissance et l’État : une approche Gramscienne

Quel avenir pour l’État dans une société post-croissance ? Le pari théorique de ces deux économistes est de penser des réformes révolutionnaires qui conduiraient à métamorphoser l’État. Plutôt que d’imaginer sa disparition, c’est la dynamique créative de la société civile et politique qui permettrait de faire émerger de nouvelles institutions. Multiplier les outils et les pratiques ouvrirait la voie à une société décroissante et favoriserait un renversement d’hégémonie.

Les aventures du ciel et de la terre

Comme force idéologique, le christianisme a véhiculé l’image d’un dieu unique et absolu, ainsi que la croyance en une rédemption hors du monde. Ce faisant, n’a-t-il pas contribué de manière critique à faire naître des conduites et des idées profondément dédaigneuses de la Terre et de ses habitant·es ? Dans cet article, Paul Blanquart explore l’hypothèse d’une autre manière, intimement terrestre, d’être chrétien·ne.

Les Lentillères : construire et défendre la Zone d’Ecologies Communale

À Dijon, 8 hectares de terres ont été préservés de l'urbanisation par l'occupation et les formes d'organisation collectives qui s'y inventent depuis douze ans. Depuis une récente annonce de la mairie, le "Quartier Libre des Lentillères" reste menacé de normalisation et de bétonnisation de deux hectares. Ce texte collectif, écrit en soutien à ce lieu de lutte, rappelle la nécessité de réinventer notre rapport à l’urbanisme et d’expérimenter d’autres formes d’habitat.

Crises sanitaires et profits : une brève histoire du marketing épidémique

La pénurie de masques, au début de la pandémie de COVID-19, a offert une illustration supplémentaire de l'incapacité du marché à fournir les biens essentiels. Mais par-delà cet épisode désastreux, qu’en est-il des relations entre objets jetables et pandémies ? Et si les épidémies avaient participé à construire la jetabilité ordinaire des objets du quotidien ? Dans cet article, l'auteure explore cette hypothèse en s’intéressant à trois objets emblématiques.

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