À propos du documentaire « France, il était une fois demain », suivi de son making-of : « France 2100, le pourquoi du comment ». Films réalisés par Michael Pitiot (Les Bons Clients, France, 2026, 1h23 et 53 minutes) et diffusés le 27 janvier 2026 sur France 2.
Il est immense, le besoin de se projeter collectivement dans un avenir désirable pour toustes. À savoir, comme l’annoncent Deborah Bird Rose et Libby Robin dès 2004 : « Nous avons besoin d’histoires sur notre place dans la biosphère, des histoires sur l’organisme humain en tant que moment vivant en connexion avec son environnement. Nous avons besoin d’histoires de justice qui élargissent notre pensée, d’histoires de relations aux lieux qui élargissent notre pensée »1. Un docu-fiction, présenté en janvier 2026 sur France 2, entend contribuer à ce défi collectif.
France, Il était une fois demain, réalisé par Michaël Pitiot, cherche à présenter une image désirable de la France métropolitaine de 2100, au moyen de tableaux situés dans plusieurs régions de l’Hexagone. Cependant, parce que la réception dans les médias du film documentaire fut plutôt positive, il nous semblait important de partager un avis divergent, plus critique et plus fidèle à l’effarement que nous avons ressenti à sa découverte. Nous publions ce texte dans l’idée de contribuer aux débats sur l’éthique de la fiction prospective écologique et sur la question, centrale, de la « positivité » en son sein2. Mais aussi pour rétablir les faits scientifiques sur la trajectoire actuellement prise par le Système Terre.
Nous engageons cette analyse critique en conscience du fait que le film est le produit d’un système particulier, qu’il en est un symptôme et une conséquence. L’objectif est bien de porter un regard plus large sur le monde qui est le nôtre.
Dans une première partie, notre analyse développe sa critique au moyen de deux arguments principaux : (1) le film ment sur la réalité des faits et nous trompe sur la trajectoire prise par le Système Terre et (2) il s’égare et fabule sur les possibilités de transformations réelles des établissements humains. Deux critiques qui mettront en lumière à quel point ce documentaire n’est en aucun point crédible, et que la désirabilité proposée s’apparente plus volontiers à un irréalisme irresponsable. Le film devient alors une bien dérangeante publicité pour un réchauffement climatique qui n’est pas compris pour ce qu’il est vraiment.
Dans une seconde partie, nous complétons cette analyse par une critique du tableau social et racial proposé par le film. Cette analyse des images mettra en lumière la vision problématique montrée par le film en guise d’utopie désirable.
Enfin de la positivité face au catastrophisme ambiant ?
On ne peut que commencer par souligner les bonnes intentions du film, son envie de donner à voir les problématiques écologiques en cours dans la perspective de construire un futur désirable. Il est porteur d’un discours rare et bienvenu en faveur d’une décroissance choisie et désirable, et on ne peut que saluer le fait qu’un film diffusé sur France 2 ait l’intelligence de contester explicitement le technosolutionnisme et de proposer des solutions et stratégies raisonnées et lowtech, de parler de sobriété heureuse, de rétro-innovation et de maîtrise voulue du développement.
Le documentaire insiste : il s’agissait, avec ce film, de donner envie. Dans le making-of diffusé à la suite du film, on peut entendre l’ingénieur et spécialiste des ressources minérales Philippe Bihouix partager son sentiment que « toute mesure qu’on devrait prendre sur la question environnementale et sur la question de la réinscription dans ces limites planétaires et dans cette société soutenable doit se faire en créant de l’enthousiasme, du bonheur, du plaisir, de l’envie, dès demain matin ». Le réalisateur s’y engouffre, et poursuit à son tour : « C’est peut-être ça la solution : se parler avant tout de la joie de vivre. On est donc partis en quête du bonheur »3. Voilà le premier axiome qui se dessine.
Là où les expert·es cherchaient à exposer les limites de la peur, le film tente de l’évacuer entièrement. Puisque la peur ne permet pas de se projeter, il faut donc en finir avec la peur.
Le deuxième axiome, miroir du premier, sera formulé dans une tribune publiée par onze experts du climat à quelques jours de la sortie du film. Il postule qu’« un futur qui se raconte très majoritairement en négatif, c’est un futur auquel on renonce mentalement »4. À rebours d’un changement climatique abordé « presque exclusivement sur le mode de la perte, de la peur ou de la faute », il invite à dépasser « les alertes et les diagnostics », « désormais largement connus ». L’affirmation est contestable, entendu qu’un tiers des Français·es pense qu’il n’y a pas de réchauffement climatique ou qu’il n’est pas dû aux activités humaines5, et que la jeune génération reste particulièrement ignorante6 et démobilisée7 en matière environnementale. Mais surtout, elle présuppose que le savoir environnemental n’est qu’alerte effrayante – ce qui n’est pas nécessairement le cas – et présume sans plus de preuves que la peur est le principal frein au passage du savoir à l’action – ce qui reste à démontrer. Là où les expert·es cherchaient à exposer les limites de la peur, le film tente de l’évacuer entièrement. Puisque la peur ne permet pas de se projeter, il faut donc en finir avec la peur.
Les deux axiomes sur lesquels reposent ce film sont donc assez simples : la positivité, c’est bien ; la négativité, c’est mal. On ne peut que souligner en réponse à quel point il a été démontré au contraire que l’éco-anxiété est « une réponse saine »8, et qu’elle peut « s’apprivoiser » afin de devenir un moteur pour l’action9. Que désir et changement puissent être liés, c’est là une évidence qu’il n’est pas bien difficile d’éclairer. Il paraît vain de tenter de se projeter dans une bifurcation personnelle si on n’y trouve pas son compte, difficile de changer spontanément de vie si ça ne nous fait pas envie. Mais que le désir soit une question fondamentale pour les personnes, cela ne saurait être une raison pour mentir sur la réalité environnementale. Ce lien ne peut pas être utilisé comme argument pour propager des contre-vérités sur les devenirs engagés du côté du Système Terre. Autrement dit, il faudrait voir à ne pas mettre l’utopie du mauvais côté10.
Côté Système Terre : une vision tronquée et erronée de la trajectoire
Disons les choses sans détour : du côté du Système Terre, il n’est pas seulement improbable mais tout à fait impossible que les choses se passent telles qu’elles sont décrites dans ce film. Ce n’est pas une question de « volonté d’y croire » : les modèles scientifiques internationaux dessinent une réalité absolument autre.
Que le désir soit une question fondamentale pour les personnes, cela ne saurait être une raison pour mentir sur la réalité environnementale.
En effet, en présentant des images d’un monde absurde mais présenté sous les traits de la probabilité, ce film grand public outrepasse l’ensemble de ce que les projections scientifiques annoncent pour les décennies à venir11. Son propos s’engage ainsi dans le mythe de la translation géographique : l’idée erronée que le climat des villes va simplement et mécaniquement remonter des suds au nords, sans plus de conséquences12. Ce mythe lui permet de présenter le climat comme un élément isolé de toutes les autres problématiques socio-environnementales et leurs conséquences en chaîne, alors qu’il faut au contraire voir des boucles d’interactions : depuis les centrales nucléaires qu’on ne pourra plus refroidir à la salinisation des terres, jusqu’à la pollution des sols, des eaux et des airs, aux problèmes d’alimentation, de migration, d’effondrement des populations animales et végétales, etc.
Ce que le documentaire oublie aussi de présenter – voire, ce qu’il semble nier –, c’est la problématique centrale qui nous attend au-delà de +1,5°C13 : celle des tippings points, ces points de bascule qui sont en train de nous plonger dans un « emballement bioclimatique » et géophysique aux conséquences démentielles. Comme bon nombre d’autres prospectives, études et annonces gouvernementales, il se place utilement sur la date symbolique de 2100, sans prendre la peine de préciser que les choses continueront à évoluer bien après 2100, a minima pour de nombreux siècles. 2100 n’est pas un état stable, c’est un moment dans une trajectoire bien plus longue, que nous ne faisons que démarrer.
Sans politiques fermes d’atténuation à toutes les échelles, la description rigoureuse par les sciences internationales de ce qui nous attend est d’une toute autre nature que celle présentée par le film : augmentation des événements climatiques extrêmes en fréquence et en intensité venant compromettre la résilience des territoires (inondations14, tempêtes15, méga-feux16, canicules17, etc.), dégradation sanitaires (augmentation des cancers, maladies vectorielles, zoonoses, élargissement du périmètre de maladies, mutations des virus, pathologies mentales, augmentation des suicides, décès sous l’effet de la chaleur…)18, fragilisation de la sécurité alimentaire mondiale, altération du cycle de l’eau19 venant compromettre les récoltes, fragiliser la sécurité alimentaire20 et gripper l’ensemble de notre machine économique, mais aussi des migrations intra-européennes et des guerres, ainsi qu’une érosion démocratique21. Pour ne rien dire de l’effondrement hallucinant des populations animales22 et végétales23 en cours, et leurs conséquences en chaîne déjà à l’œuvre. Si nous n’infléchissons pas la trajectoire actuelle, oui, peut-être que des cocotiers pourront pousser en Normandie, mais alors les problématiques collectives et les conditions de vie en société seront telles qu’il est difficile de savoir à quel point nous pourrons faire plus que survivre en Normandie. Raison pour laquelle le GIEC Normand lui-même n’hésite pas à écrire qu’il « endosse le rôle de lanceur d’alerte » à ces sujets24.
Si nous n’infléchissons pas la trajectoire actuelle, oui, peut-être que des cocotiers pourront pousser en Normandie, mais alors les conditions de vie en société seront telles qu’il est difficile de savoir à quel point nous pourrons faire plus que survivre en Normandie.
En passant outre l’importance de l’atténuation pour se concentrer sur la possibilité d’une adaptation miraculeuse (que nous allons ensuite discuter), ce documentaire s’inscrit dans la droite ligne du ministère de l’Écologie annonçant que le respect des accords de Paris serait anecdotique et que nous pouvons sans peine nous adapter à +4°C25. Mais, dans un cas comme dans l’autre : en quoi la présentation d’un tel tableau, idyllique mais mensonger, pousse-t-elle réellement à infléchir le devenir de la société, à changer radicalement les choses ? Chercher à dire que « l’adaptation » serait si simple, ce n’est pas contribuer à la mise en place de stratégies d’« atténuation » fermes ; c’est déresponsabiliser les pollueurs, c’est nier les conclusions scientifiques, c’est saboter les efforts de bifurcations réelles.
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Une dangereuse publicité pour le changement climatique
En bien des endroits de notre société, la volonté de positiver à tout prix semble finir par aboutir à un refus de se confronter aux conséquences réelles du dérèglement climatique. C’est peut-être ce qui est arrivé dans ce documentaire, où on finit même par entendre, incrédules, ces mots : « Ce qu’il y a de bien avec le changement climatique… »26.
Plusieurs passages du making-of confirment cet entêtement à la positivité, et l’aveuglement qui en découle. Alors qu’un interlocuteur exprime ses doutes et interroge le réalisateur sur le caractère « idyllique » proposé par le film, le réalisateur Michael Pitiot insiste et confirme son intention de « donner envie »27. Mais donner envie de quoi, au juste : de réchauffement climatique ? De même, lorsque Philippe Bihouix invite très justement le réalisateur à considérer qu’« on est pas à l’abri de phénomènes d’accélération pénibles », « qui vont embarquer la planète pour des centaines, voire des milliers d’années » – bien saisir l’emballement bioclimatique et la gravité des événements en cours –, le réalisateur semble comprendre que les choses vont aller lentement et facilement, et répond : « Comment se préparer à la hausse du niveau des mers ? Peut-être en se rappelant que le phénomène sera lent, qu’il se produira sur plusieurs générations, et qu’on aura donc le temps de s’y adapter ». S’agit-il d’une ignorance des processus biogéophysiques et de leur emballement, ou d’un refus de les prendre en compte ? Quelques centimètres d’augmentation du niveau des mers peuvent rayer une mégapole de la carte, et ce d’autant plus rapidement que la topographie sous-marine côtière se transforme avec la mort des récifs coralliens qui bloquaient jusqu’à présent les vagues submersives, lesquelles salinisent désormais les eaux souterraines.
Non seulement le film prétend que nous pourrons nous adapter, mais en plus il met complètement de côté la question de l’atténuation du changement climatique. Par-delà les critiques à adresser aux séquences, aux images et au discours, c’est peut-être là que se trouve le problème structurel de ce film, qui joue uniquement sur le tableau de l’adaptation… voire qui suggère que ce sera plus simple encore de vivre dans l’Hexagone en 2100 ! Après tout, Dunkerque, ainsi présentée, réchauffée et considérée comme la nouvelle Venise, ne semble-t-elle pas plus attirante encore qu’aujourd’hui ? On voudrait déjà y être ! Peut-on alors accélérer les émissions de dioxyde de carbone pour y arriver plus vite ? Le résultat est clair : dans ce documentaire, c’est le changement climatique lui-même qui est rendu désirable. Problème : ce n’est en aucun cas ce que décrit la littérature scientifique. C’est oublier que « l’atténuation n’est pas que nécessaire, elle est vitale »25, au sens où nous ne pourrons pas nous adapter à un monde inhabitable. Tant et si bien que le résultat livré par le documentaire doit finalement être nommé pour ce qu’il est : c’est une tromperie. Nous connaissions le greenwashing (écoblanchiment) et le greenbacklash (violent retour de bâton sur l’écologie et les écologistes)28, nous avons désormais besoin d’un nouveau concept pour décrire ce qui se trame là : une impensable publicité pour le réchauffement climatique. Une publicité mensongère, et de bien mauvais goût.
Dunkerque, ainsi présentée, réchauffée et considérée comme la nouvelle Venise, ne semble-t-elle pas plus attirante encore qu’aujourd’hui ? On voudrait déjà y être ! Peut-on alors accélérer les émissions de dioxyde de carbone pour y arriver plus vite ?
Ce documentaire annonce pourtant s’appuyer sur l’état du savoir scientifique. Qu’en est-il ? La crédibilité de l’ensemble tient notamment à l’annonce, dans les crédits de fin, d’un impressionnant « comité scientifique ». Problème : plusieurs personnes mentionnées dans cette liste affirment ne jamais avoir donné leur accord pour être dans un quelconque « comité scientifique », disent ne jamais avoir vu de draft du documentaire, ni n’avoir été consultées après l’entretien qu’iels ont pu donner au réalisateur ou à son équipe29. Dans ce contexte, non seulement le « comité scientifique » n’a jamais été réuni au complet pour la moindre séance de travail collective, mais surtout il n’est pas question de considérer ces experts listés comme la caution intellectuelle du résultat présenté. On comprend ainsi le mécontentement exprimé publiquement par le chercheur Sam Somot (Météo-France, CNRS30) quelques jours après la parution du film, sa surprise à voir ainsi son nom apparaître dans le générique, et sa gêne : « utiliser ma caution scientifique de cette manière-là me révolte »31.
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Côté sociétés : si tu veux, tu peux ?
Dans sa note d’intention, le réalisateur précise donc vouloir « donner à voir au spectateur, de la façon la plus émotionnelle, à quoi ressemblerait la France demain » et suggère en sous-texte le message de ce « documentaire d’anticipation » : « pour que la France existe demain, il faut commencer aujourd’hui »32. Une vieille rengaine : si tu veux, tu peux ! Il suffirait de désirer collectivement ces images pour qu’elles puissent advenir réellement. Hélas, du côté des sociétés et des techniques, les images, projections et idées données à voir par le film ne sont pas moins impossibles.
Oui, nous voudrions tous·tes que ce soit possible, mais non : les villes, les bâtiments, les infrastructures, les autoroutes, les usines et les zones commerciales ne disparaissent pas magiquement d’un claquement de doigt pour faire place à des végétations luxuriantes en quelques années. De même, il est fort séduisant d’imaginer que les files de voitures soient remplacées par quelques rares aéronefs filant gracieusement dans le paysage. Mais il faut être un peu sérieux·ses : même en considérant une réduction drastique (et choisie) de la mobilité, c’est tout de même un réel flux de véhicules de livraison, de taxi, de camions-poubelles et autres camionnettes d’artisan·es et de secours qu’il faut représenter en train de traverser la pampa, les mangroves et les végétations lacustres. Et ce, par tous les types de météo et en toute saison ! Sauf à assumer de se mentir complètement, ça ne peut pas être, comme on le voit ici, un unique aéronef conduit à travers le sauvage pour transporter des passager·es ayant l’air d’être en vacances. La question de la mobilité, comme le savent bien les expert·es qui ont contribué au film33, est une problématique métabolique complexe, enchevêtrée, qu’on ne peut penser qu’au filtre de dimensions infrastructurelles, énergétiques, économiques, sociales, politiques, symboliques et matérielles.
Et puis, qui est contre le végétal ? Personne ! Et il est, certes, aussi amusant que fascinant de voir à quoi ressemblerait Paris si on végétalisait sans plus de réalisme la quasi-intégralité de ses trottoirs, rues et toitures. Mais, si c’était si simple et si désirable, pourquoi alors n’est-ce pas déjà le cas aujourd’hui ? Rappelons donc quelques évidences.
Non : les villes, les bâtiments, les infrastructures, les autoroutes, les usines et les zones commerciales ne disparaissent pas magiquement d’un claquement de doigt pour faire place à des végétations luxuriantes en quelques années.
Outre que les trottoirs servent à se déplacer et que beaucoup semblent déjà trop petits pour accueillir les foules à pied, en poussette, en trottinette ou en fauteuil, sous le bitume se trouvent de très nombreux réseaux (eau, gaz, électricité, numérique, égouts…) qu’on ne peut pas enlever et sur lesquels les interventions sont fréquentes. Sans même parler du coût exorbitant (irréaliste) d’une transformation de milliers d’hectares artificialisés, et des millions de mètres cubes de bitume, béton, sols stabilisés au ciment, géotextile et autres plastiques utilisés en aménagement qu’il faudrait travailler (pour en faire quoi ?). Sans même évoquer la question de l’origine des millions de mètres cubes de terre fertile qu’il faudrait importer (d’où ? en camion ?) et déposer dans la capitale avant que le moindre plant de pomme de terre ne puisse pousser, à grand renfort d’intrants en eau et nutriments. Quand bien même il serait mis en œuvre par magie, l’ensemble resterait déconnecté, « hors sol », suspendu au-dessus des galeries souterraines parisiennes empêchant tout enracinement profond et toute connexion avec les cycles hydrologiques du bassin-versant ; et ne serait pas garant de quoi que ce soit en termes écologiques34.
Il n’est pas non plus question du système politique qu’il faudrait pour déployer de tels projets pharaoniques et une telle planification centralisée. Alors, de quoi s’agit-il : naïveté, manque de sérieux ou malhonnêteté ? L’équipe de réalisation a-t-elle été jouée, malgré elle, par le système dans lequel elle est prise ? De son côté, le réalisateur annonce avoir voulu montrer avec une telle végétalisation de Paris, une vision « plausible ». C’est loin d’être notre ressenti à la vue des images livrées, sauf à considérer une division par dix du nombre d’habitant·es et de touristes de la capitale, à imaginer un réchauffement climatique bien plus limité que ce qui se profile, à envisager un monde sans conflits, à considérer que l’agriculture n’a besoin que de potagers infinis et rien d’autre (ni d’outils, ni de machines, ni de stockages, ni de bâtiments, ni d’arrière-cour, de voiries, etc.), à oublier complètement les questions animales et les productions d’élevage, à oublier la question des sols et des terres fertiles, ou encore les problématiques de pressions et de spéculation foncières à l’œuvre dans cette capitale qui fait partie des plus denses du monde.
Une écologie coloniale ne saurait être désirable
Avez-vous remarqué, en regardant le documentaire, que le dépeuplement et la déconstruction de Paris ne passait que par une annulation de ses marges – disparition magique des banlieues, déconstruction des barres modernes en béton, et remplacement des quartiers et villes populaires périphériques par des forêts ? Vous êtes-vous demandé·e ce que venait faire ici cette éviction des cités et périphéries populaires de la capitale au profit d’un accroissement spectaculaire de la ville de Chartres – démographie, emprise urbaine et immeubles en bois « éco-conçus » ? Un effacement de la banlieue et des grands ensembles en béton, comme d’un coup de baguette magique dans Photoshop.
Ce double mouvement de destruction-construction est une stratégie connue des analyses de la fabrication de la ville et des politiques publiques. Il correspond en tout point aux types de démolition pratiquées par l’État raciste35 dans les quartiers populaires sous couvert de « rénovation urbaine » et de « lutte contre le trafic de drogue » pour empêcher l’enracinement des populations immigrées, dissoudre les communautés, saboter l’autonomie, l’émancipation populaire et l’émergence d’une multiculturalité considérée à tort comme du « séparatisme ». Comme le rappelait un appel porté par plus de 90 associations et collectifs d’habitant·es, d’architectes, d’urbanistes et de sociologues du pays : « La démolition détruit toute l’histoire d’une vie sociale ainsi que des liens de solidarité et d’entraide tissés tout au long de dizaines d’années. Les habitant·es ne sont pas de la poussière que l’on déplace selon son gré »36. Voilà précisément ce que reconduit, sous couvert d’écologie, ce documentaire (fut-ce inconsciemment). L’annulation mise en image n’est donc pas d’abord architecturale et urbaine, mais sociale et raciale ; ce sont des vies qu’on efface là, sous couvert d’écologie.
À aucun moment il n’est question d’inégalités environnementales, ni d’oppressions systémiques. On efface les territoires où s’incarnent les enjeux les plus criants du dérèglement climatique, où se concentrent les vulnérabilités.
Les projections idylliques du documentaire ne font pas qu’occulter les vagues caniculaires successives qui ravageront les villes si nous restons sur la même trajectoire climatique. Plus profondément, il n’est à aucun moment question du fait que nous ne traverserons pas ces canicules de la même façon suivant notre position sociale. À aucun moment il n’est question d’inégalités environnementales, ni d’oppressions systémiques, qui sont pourtant particulièrement structurantes pour les territoires. On efface les territoires où s’incarnent les enjeux les plus criants du dérèglement climatique, où se concentrent les vulnérabilités.
Comment un tel tour de passe-passe peut être présenté si naturellement par le film ? Pour le comprendre, il faut mettre la lumière sur le fait que, de bout en bout, on n’y voit surtout des centres-villes bourgeois, des touristes contemplateur·ices et des flâneur·ses qui ont le temps de déambuler, d’apprécier des paysages-décors improductifs et désanthropisés. L’aviez-vous remarqué en visionnant le film ? Dans cette vision de la France rêvée de demain, pas de quartiers populaires, il n’y a que des villages, des centres patrimoniaux et des châteaux. Les lieux semblent ne pas avoir de « face arrière »37. Il n’y pas de camions poubelles, pas de camps de migrant·es, pas de gitan·es, pas de vendeur·ses à la sauvette dans les rues, pas d’obèses, pas de handicapés, pas de SDF, pas de périphéries délabrées, pas de quartiers pauvres, pas de bâtiment en construction ou en rénovation. Tout semble flambant neuf, comme autant de produits fraîchement achetés, tout juste sortis de leurs emballages.
La « nature » elle-même ne semble pousser dans les villes que là où elle y est autorisée : la pierre reste bien blanche et claire, propre, et la toiture végétalisée bien verte. La végétation du trottoir n’empiète ni sur la façade, ni sur la voirie. Tout est en « ordre », à sa place, dans la nouvelle totalité éco-utopique muséifiée ici promue. D’ailleurs, on n’y voit ni policier·es ni violence non plus, ni conflits, ni vraiment de vie. La société semble s’être transformée en substitut, en apparat, en ersatz de société. Une éco-société du spectacle ; un genre d’éco-truman show38.
À cela s’ajoute encore que le documentaire s’arrête à l’Hexagone. Mais qu’est-ce que cela fait de regarder France 2 depuis la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, Mayotte, et de constater qu’on n’y est pas ? De là à comprendre que les seuls devenirs et les seuls désirs qui comptent, ce sont ceux de l’Hexagone, il n’y a qu’un pas.
Tout est en « ordre », à sa place, dans la nouvelle totalité éco-utopique muséifiée ici promue. Une éco-société du spectacle ; un genre d’éco-truman show.
Combien de personnes racisées39 sont présentes dans tout ce documentaire, et dans quels rôles sont-elles placées ? Ici, quelques-uns travaillent dans l’orangeraie pendant que des blanc·hes observent depuis les balcons du Château. Un autre est occupé à trier les déchets des carcasses d’avion abandonnées. En fin de reportage, quelques autres dansent. Et presque aucune autre personne racisée en plus d’une heure et demi de film ; idem pour le making-of. Pendant ce temps, les blanc·hes sont dans le train, en terrasse de café, au bureau, occupé·es à lire des livres, à prendre la voiture et l’aéroglisseur du futur. Le tableau est limpide. C’est peu de dire que ce « monde rêvé de demain » est glaçant.
On dirait en défense du réalisateur que c’est surement involontaire, inconscient – sans voir que c’est justement l’une des caractéristiques de la blanchité de se considérer comme allant de soi40.
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Dans les images du futur rêvé par la réalisation, la France désirable de demain est donc visiblement blanche, entièrement blanche, uniquement blanche. Le texte n’aborde d’ailleurs jamais la question ni des migrations – la poursuite de notre trajectoire climatique poussera 3 milliards de personnes en dehors de la « niche de température humaine » propice à la vie en société d’ici 207041. Il ne fait pas non plus état de la situation actuelle de notre pays, ses discriminations raciales documentées42 ou de l’existence du courant de l’écologie décoloniale43.
Le futur désirable sera blanc : voilà ce qui est montré. Est-ce voulu ou non, est-ce conscient ou non, ce n’est pas la question. En revanche, il est désolant de constater que les diverses réceptions du film dans Le Monde, dans l’Humanité, dans Télérama et sur France Inter ne disent mot de cette vision sociale et raciale44.
Ce tableau ne fait que renforcer la pertinence des constats établis par les penseur·ses antiracistes de l’écologie ; il ne fait que confirmer que l’écologie blanche45 est encore trop souvent une pensée uniquement bourgeoise et conservatrice, concentrée sur une lutte qui concourt au maintien de la domination en place46.
Ce tableau ne fait que confirmer que l’écologie blanche est encore trop souvent une pensée uniquement bourgeoise et conservatrice, concentrée sur une lutte qui concourt au maintien de la domination en place.
Ne pas tomber dans une vision blanche et bourgeoise de l’écologie exigerait de se tourner vers l’autre, de décoloniser profondément nos imaginaires, nos désirs et nos savoirs. Il faut exiger, des autres et de nous-même, une interrogation des rapports sujets-objets qui prédominent et qui dessinent l’hégémonie de la pensée intellectuelle occidentale. Il ne saurait y avoir d’écologies désirables sans cela.
Un sidérant éco-truman-show : au service de qui, de quoi ?
Nous avons autant besoin d’optimisme que de réalisme : nous avons besoin d’une vision de société enthousiaste, décroissante et joyeuse, mais cela ne signifie pas, ne peut pas signifier, que le réel sera si simplement joyeux. Oui, la question des désirs est centrale ! Mais le travail sur les désirs qui nous attend est un travail sur les attachements et les renoncements, sur le sens et sur les sens, sur les liens entre éthiques et esthétiques ; c’est une refondation cosmologique et politique. Le monde moderne dont nous héritons est à démanteler, et comme l’ont bien montré les pensées de la redirection écologique, l’enjeu est celui de l’anticipation et de la planification de la fermeture47 – ce qui n’a rien à voir avec la volonté de présenter un monde automatiquement désirable en 2100 à +4°C.
Croire à ce tableau, c’est non seulement cesser de lutter pour l’atténuation et l’adaptation climatique, mais c’est aussi croire que ce sera mieux avec le réchauffement, croire que la dévastation du monde est une bonne chose, et que la présenter ainsi serait un acte courageux, au service de l’espoir.
Que les individus aient besoin de pouvoir se projeter dans un avenir désirable pour pouvoir agir à leur échelle est une chose. Que des images erronées, faussement crédible et faussement réjouissantes du Système Terre, de notre pays et de nos villes soient diffusées, c’en est une autre.
Croire à ce tableau, c’est non seulement cesser de lutter pour l’atténuation et l’adaptation climatique, mais c’est aussi croire que ce sera mieux avec le réchauffement, croire que la dévastation du monde est une bonne chose, et que la présenter ainsi serait un acte courageux, au service de l’espoir. Un discours qui ne fait pas uniquement le jeu du vieux serpent de mer de « l’écologie punitive »48, il finit par faire perdre de vue les enjeux et la gravité du sujet. Mais en quoi mentir serait désirable ? En quoi proposer une réalité absolument irréaliste serait la meilleure manière de faire progresser l’écologie ? Pourquoi l’utopie devrait-elle être à ce point excluante ? Nous avons besoin d’un avenir désirable qui ne signifie pas aux autres que l’avenir se fera sans elleux et que le rêve c’est de les voir disparaître avec leurs cités. Nous avons besoin d’utopies qui ne soient pas insultantes.
Liste des co-auteurices et signataires (par ordre alphabétique)
Inès Bel Mokhtar, dé-designeuse, doctorante Ensadlab
Xavier Bucchianeri, ingénieur-architecte, doctorant UMR Ressources, ENSACF
Emeline Curien, enseignante-chercheuse au LHAC
Laurent Devisme, professeur à l’ENSA Nantes
Alexandre Duparc, médecin cardiologue au CHU de Toulouse, membre de l’Atécopol
Lucie Dupré, chargée de recherches en anthropologie à l’INRAE
Bérénice Gaussuin, maîtresse de conférences à l’ENSA Malaquais
Maële Giard, géographe et doctorante à l’Université Grenoble Alpes
Daphné Hamilton-Jones, designeuse et doctorante
David Hampton-Musseau, chercheur en sciences de gestion, laboratoire LGTO, Université de Toulouse, membre de l’Atécopol
Inès Hubert, paysagiste-conceptrice et éditrice
Sylvain Kuppel, chargé de recherche (IRD) en écohydrologie et sciences de la zone critique, Géosciences Environnement Toulouse (GET)
Loïs Mallet, doctorant à l’Université Paris Cité et membre de l’Institut Momentum
Guillaume Mandil, maître de conférences à l’Université Grenoble-Alpes
Odin Marc, chargé de recherches au CNRS, Sciences de la Terre, Géosciences Environnement Toulouse (GET)
Léa Mosconi, maîtresse de conférences à l’ENSA Belleville
Hervé Philippe, directeur de recherches au CNRS en génomique évolutive et bio-informatique, Station d’Écologie Théorique et Expérimentale (SÉTE) de Moulis
Claire Revol, maîtresse de conférences à l’Université Grenoble-Alpes
Soizic Rochange, maîtresse de conférences en biologie végétale à l’Université de Toulouse, Laboratoire de Recherche en Sciences Végétales (LRSV), CNRS
Mathias Rollot, maître de conférences à l’ENSA Grenoble
Lou-Poko Savadogo, designeuse et architecte
Laure Teulières, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Toulouse, membre de l’Atécopol
Jean-Louis Tornatore, anthropologue, professeur émérite de l’Université de Bourgogne-Europe
Théo Vinceslas, maître de conférences à l’ENSA Normandie
Nathanaël Wallenhorst, professeur à l’UCO d’Angers, membre de l’Anthropocene Working Group
Image d’ouverture : le Mont Saint Michel en 2100. Image issue du documentaire « France, il était une fois demain », Michael Pitiot/Les Bons Clients, 2026.
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Depuis 2018, Terrestres est la revue de référence des écologies radicales.
À travers des essais, enquêtes, traductions inédites et récits de résistances, nous explorons les nouvelles pensées et pratiques nécessaires pour répondre à la catastrophe écologique.
Chaque semaine, nous publions en accès libre des articles qui approfondissent les enjeux écologiques, politiques, et sociaux, tout en critiquant l’emprise du capitalisme sur le vivant. Plus qu’une revue, Terrestres est un laboratoire d’idées et un lieu de réflexions critiques, essentielles à l’élaboration d’alternatives justes et émancipatrices.
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Notes
- Déborah Bird Rose et Libby Robin, Vers des humanités écologiques, Wildproject, 2019, p.28.[↩]
- Un sujet déjà travaillé par le passé dans les colonnes de Terrestres, dans cet article notamment : https://www.terrestres.org/2018/11/15/la-zad-et-le-colibri-deux-ecologies-irreconciliables/[↩]
- France 2100, le pourquoi du comment : les coulisses de la science et de la fabrication du film[↩]
- https://www.latribune.fr/article/la-tribune-dimanche/opinions/66508284768801/opinion-dereglement-climatique-2100-fin-d-un-monde-ou-nouvelle-renaissance-par-neuf-experts-du-climat [↩]
- Selon l’étude « Obs’COP 2025 : l’opinion mondiale face au changement climatique, résultats de l’observatoire international Climat et opinions publiques » (Ipsos / EDF) – à noter que ce chiffre est relativement constant au fil des années. Selon la même étude, à mesure que les années passent, tant les populations françaises et que celles européennes et mondiales souhaitent de plus en plus privilégier la croissance et les emplois plutôt que l’environnement.[↩]
- Voir notamment les chiffres ahurissants donnés par l’Étude Ifop pour la fondation Reboot et la fondation Jean Jaurès réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 28 octobre au 7 novembre 2022 auprès d’un échantillon national représentatif de 2 003 jeunes, représentatif de la population française âgée de 11 à 24 ans. Selon cette étude, un jeune sur six en France en 2023 serait platiste, un quart serait créationniste, et un petit tiers serait climato-sceptique et convaincu que « manger bio, ça ne sert à rien ». Nota : la méthodologie de cette étude a été contestée par des universitaires.[↩]
- « En dehors des pratiques de mobilité, les jeunes déclarent avoir adopté moins de pratiques écologiques que leurs ainés. (…) En parallèle, 19% des 18-24 déclarent faire leur maximum, contre 31% des Français en moyenne, et 27% ne sont pas prêts à accepter des changements radicaux dans leur mode de vie, contre 19% en moyenne. », Étude Les représentations sociales du changement climatique – 26ème vague du baromètre, ADEME, octobre 2025. De plus, il est important de relever l’absence sociologique de toute forme de nouvelles « génération climat », faisant dire à Camille Peugny qu’« Il n’y a pas aujourd’hui – statistiquement – de génération climat » (voir Camille Peugny, « Une politique de la jeunesse, vite ! », revue Urbanisme, n°424, pp.59-61 et « Plus jeunes donc plus verts ? », Revue Française de Science Politique, 2024, 73 (1), pp.41-62).[↩]
- Laelia Benoit, « L’éco-anxiété : une réponse saine face à la crise climatique », The Conversation, 15 octobre 2024.[↩]
- Pablo Servigne et Nathan Obadia, Le Pouvoir du Suricate : Apprivoiser nos peurs pour traverser ce siècle, Seuil, 2024. Ou, pour le dire avec Claire Nouvian : « Il faut croire à la catastrophe parce qu’elle est déjà là, et que, parce qu’on n’y a pas cru, on n’a pas agi. (…) Au contraire, une étude a montré que quand on a peur, on est bien plus enclin·e à agir » « Claire Nouvian x Pascal Bruckner : urgence climatique, que faire ? », France Inter, 28 août 2023.[↩]
- À titre de comparaison, des travaux comme ceux de Pablo Servigne ne s’y trompent pas : si l’utopie doit être du côté social, c’est justement parce qu’elle ne peut être du côté du devenir du Système Terre ; si l’entraide doit être promue et entraînée, valorisée, c’est justement pour pouvoir affronter ces difficultés environnementales déjà bien engagées. Cf. Pablo Servigne, L’Entraide, l’autre loi de la Jungle, Les liens qui libèrent, 2017 ; Pablo Servigne, Le réseau des tempêtes, manifeste pour une entraide populaire, Les liens qui libèrent, 2025.[↩]
- Pour s’en convaincre, voir notamment l’ouvrage de vulgarisation scientifique : Nathanaël Wallenhorst, 2049 : ce que le climat va faire à l’Europe, Seuil, 2025.[↩]
- Nous avons déjà démonté ce mythe, aussi promu par le gouvernement, dans une récente tribune : Mathias Rollot et Nathanaël Wallenhorst, « Pourrons-nous simplement manger à notre faim en 2100 ? », Le Monde, février 2025.[↩]
- David I. Armstrong McKay et al., “Exceeding 1.5°C global warming could trigger multiple climate tipping points”, Science n°377, eabn 7950 (2022). DOI : 10.1126/science.abn7950[↩]
- https://nhess.copernicus.org/articles/17/1177/2017/[↩]
- https://www.nature.com/articles/s41467-021-24268-5[↩]
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0378112712007153[↩]
- https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/aa751c[↩]
- https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667%2824%2900055-0/fulltext[↩]
- https://www.nature.com/articles/s41586-021-03262-3[↩]
- https://www.science.org/doi/10.1126/science.1164363[↩]
- Sur les effets géopolitiques de l’Anthropocène, voir notamment : Jean-Michel Valantin, Géopolitique d’une planète déréglée : le choc de l’Anthropocène Seuil, 2017 ; Pierre Charbonnier, Vers l’écologie de guerre : une histoire environnementale de la paix, La Découverte, 2025.[↩]
- https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1704949114[↩]
- https://royalsocietypublishing.org/rstb/article/375/1794/20190106/30597/Plant-community-diversity-will-decline-more-than[↩]
- GIEC Normand, Olivier Codou, Boris Vallée, Cécile Sénémeaud, Psychologie : Les Normands et le changement climatique – apports psychologiques, Synthèse réalisée par l’Agence Normande de la Biodiversité et du Développement Durable et la Région Normandie, 2025.[↩]
- Mathias Rollot et Nathanaël Wallenhorst, « Pourrons-nous simplement manger à notre faim en 2100 ? », Le Monde, février 2025.[↩][↩]
- « Ce qu’il y a de bien avec le changement climatique finalement, c’est que tout nous semblera nouveau », déclaration de la voix off du documentaire, vers 1’05’00.[↩]
- « Il faut qu’on emmène les gens dans quelque chose qui les attire, qui leur donne envie, qui soit beau ; pour moi c’est ça le vrai pari de ce genre de film ».[↩]
- Voir les deux très bons ouvrages parus aux éditions du Seuil : Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières (dir.), Greenwashing. Manuel pour dépolluer le débat public, Seuil, 2022 ; Laure Teulières, Steve Hagimont, Jean-Michel Huppé (dir.), Greenbacklash : qui veut la peau de l’écologie ?, Seuil, 2025.[↩]
- Par exemple, Sam Somot nous affirme n’avoir « jamais donné son accord pour être dans le comité scientifique » et n’avoir « jamais vu de draft du documentaire ni été consulté après cet interview ». De même, Philippe Simay nous dit avoir eu un entretien avec le réalisateur et un avec son assistante, mais n’a plus été recontacté en suivant, et n’a jamais vu ni le film, ni ses phases préparatoires (sources : correspondances privées avec ces chercheurs).[↩]
- CNRM – Centre National de Recherches Météorologiques, Météo-France – CNRS, Université de Toulouse.[↩]
- Réaction publique, sur Linkedin, au post de l’association Quota Climat annonçant : « ce week-end, France Télévisions diffusait un documentaire projetant les villes françaises en 2100. Les images générées par IA sont complètement hors-sol. »[↩]
- https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/75210321[↩]
- Le masculin est de mise vu la proportion masculine : 8 femmes pour 40 hommes consultés pour ce documentaire.[↩]
- Mathias Rollot, « Pour en finir avec l’architecture-as-usual », Terrestres, 2025.[↩]
- Olivier Le Cour Grandmaison, Etats racistes, Racismes d’État : une brève histoire, Amsterdam, 2024.[↩]
- Voir l’appel « Stop aux démolitions ANRU » ; sur la mobilisation en question, voir notamment la couverture faite par le journal Libération : « “On parle de vies qu’on déracine” : pour ses 20 ans, l’Agence de rénovation urbaine face à une contestation inédite », Libération, 08 février 2024.[↩]
- Louise Jammet, Nils Le Bot, Pour une prospective de la face arrière des métropoles, AREP éditions, 2024.[↩]
- Guy Debord, La Société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967 ; référence au film américain The Truman Show (1998).[↩]
- Nous employons ici « racisé » au sens donné par Sarah Mazouz dans son livre Race (Anamosa, 2020).[↩]
- Dans La mécanique raciste, par exemple, Pierre Tévanian l’écrit clairement : « Être blanc(he), c’est ne pas avoir à se poser la question “qu’est-ce qu’être blanc(he) ?”, c’est ne pas avoir, contrairement aux Noir(e)s, Arabes et autres non-Blanc(he)s, à s’interroger sur soi-même, sur son identité ou du moins sur la place qu’on occupe dans la société, parce que cette place va en quelque sorte de soi. » Pierre Tévanian, La mécanique raciste, La Découverte, 2017, p.93.[↩]
- Xu, C. et al. (2020). “Future of the human climate niche”, PNAS, 117(21), p. 11350-11355.[↩]
- Voir par exemple, en matière de racisme environnemental, William Acker, Où sont les gens du voyage ?, Édition du commun, 2021.[↩]
- Malcom Ferdinand, Une écologie décoloniale, Seuil, 2019 ; S’aimer la Terre : défaire l’habiter colonial, Seuil, 2025.[↩]
- https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/01/27/france-il-etait-une-fois-demain-sur-france-2-a-l-horizon-2100-tout-est-imaginable_6664340_3246.html ; https://www.sudouest.fr/culture/programmes-tv/france-il-etait-une-fois-demain-a-quoi-ressemblera-notre-pays-en-2100-27495285.php ; https://www.humanite.fr/environnement/climat/france-il-etait-une-fois-demain-de-michael-pitiot-le-scenario-dun-hexagone-a-4-c-pour-sortir-de-notre-deconnexion-du-climat ; https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/capture-d-ecrans/capture-d-ecrans-du-mardi-27-janvier-2026-4941549[↩]
- Malcom Ferdinand, « Comment se maintient une écologie ? Identifier les mécanismes discriminants pour les défaire », dans Fatima Ouassak (dir.), Terre et libertés : manifeste antiraciste pour une écologie de la libération, Les liens qui libèrent, 2025.[↩]
- Voir à ce sujet Fatima Ouassak, Pour une écologie pirate, La Découverte, 2023.[↩]
- Emmanuel Bonnet, Diego Landivar, Alexandre Monnin, Héritages et fermeture : une écologie du démantèlement, Divergences, 2021.[↩]
- Expression avancée depuis une décennie pour éviter d’engager des politiques contraignantes et respectueuses des enjeux de justice sociale : « Largement utilisée à droite et à l’extrême droite, popularisée par Ségolène Royal en 2014, l’expression enferme les politiques environnementales dans un registre au mieux moralisateur, au pire liberticide, en évitant ainsi de débattre de la juste répartition des efforts et de l’accompagnement des plus fragiles ». Claire Legros, « L’“écologie punitive”, un slogan facile qui agit comme un repoussoir et confisque le débat démocratique », Le Monde, 13 mars 2024.[↩]







