Essai

Green is the new brown : poussée “écologique” à l’extrême droite

« La Nature comme socle » : tel était le nom du colloque organisé par un institut proche de la nouvelle et extrême droite en septembre 2020. Lise Benoist nous offre une plongée au cœur de cette nébuleuse, où l’écologie sert à justifier un ordre social immuable, régi par des hiérarchies « naturelles » entre les peuples et les sexes.

Le retour à la terre des bétonneurs

Matériau emblématique de la société industrielle, omniprésent dans ses villes comme dans ses infrastructures, le béton a néanmoins été fortement critiqué, et on lui a souvent opposé les vertus de la terre crue. Mais depuis quelques années, ce sont les cimentiers eux-mêmes qui s'approprient ce matériau et l'intègrent à leur production. Bonne nouvelle ou franche hypocrisie?

Né·e·s de la Terre. Un nouveau mythe pour les terrestres

Que nous dit le malaise ressenti lorsque nous évoquons la « Terre - Mère » ? Émilie Hache retrace l’histoire de cette expression ambiguë, et exhume des récits négligés par la modernité chrétienne. Derrière l’analogie dévalorisante entre la Terre nourricière et les femmes fécondes, on trouve des mythes d’enfants qui viennent du fond de la Terre : l’affirmation, transformatrice, d’un lien de génération entre la Terre et les humains.

COVID-19 : vers une gouvernementalité anthropocénique

Alors que le président Macron invoque le « tournant de l'innovation » pour imposer la 5G, il apparaît de plus en plus clairement que le discours du progrès linéaire sert le maintien d'un seul monde parmi d'autres. A partir d’une lecture du livre Mauvais temps, Jean-Baptiste Vidalou explore l’imposition des dispositifs de contrôle et d’organisation en réseau et les moyens d’y échapper.

« Tous à nos cabanes ! »

Comment penser les cabanes comme des lieux de l'élan critique et pas du repli psychologique ? Dans cette traversée de planches en planches, inspirée par Marielle Macé et Luc Boltanski, l'anthropologue Frédéric Keck nous invite à mettre à bas la "cité par projets" du capitalisme contemporain et à faire de ses débris des matériaux pour nos cabanes.

Faut-il en finir avec la civilisation ?

[Bonnes feuilles] Il y a une dizaine de milliers d’années, la sédenta­ri­sation et l’émergence de l’agriculture ont jeté les bases de notre civilisation. Et si ces événements avaient précipité l’humanité dans un processus écocide et autodestructeur dont nous mesurons aujourd’hui toute la gravité ? Dans son dernier essai, Pierre Madelin examine d’un regard critique les fondements de cette théorie primitiviste.

Quel trouble voulons-nous habiter ? Réponse à Isabelle Fremeaux et John Jordan

Suite à l'appel à déserter le forum Agir Pour Le Vivant récemment publié dans Terrestres et disponible ici, certain.e.s participant.e.s ont souhaité réagir par une lettre. La revue publie donc ce texte en tant que droit de réponse.

La tentation éco-fasciste : migrations et écologie

Alors que la question du « monde d'après » est sur toutes les lèvres et que la crise du capitalisme s'accentue, il nous a semblé important de nous interroger sur ce que pourrait être une politique éco-fasciste. À quoi pourrait ressembler une alliance entre le « vert » et le « brun »?

COVID : risque ou catastrophe ? Ce dont il est question, précisément.

Pour le sociologue Frédéric Lemarchand, qui a beaucoup travaillé sur Tchernobyl et ses suites, la pandémie du Covid doit nous conduire à abandonner le paradigme du risque et sa gestion technocratique du monde, au profit du paradigme de la catastrophe qui nous oblige à penser le monde dans lequel nous voulons vivre.

Pluribiose. Vivre avec les virus. Mais comment ?

Devant l’injonction à « vivre avec le virus », on peut s’interroger sur les modalités de cette cohabitation nouvelle. L’anthropologue Charlotte Brives propose ici la boussole de la pluribiose, d’un vivant affecté par ses relations et ses rencontres, afin d’inventer des politiques alternatives pour « devenir avec » plutôt que de s’obstiner à « vivre malgré ».