À mesure qu’une partie de la gauche découvre l’écologie, on ne cesse de constater qu’elle reste profondément industrialiste, prisonnière de sa foi dans le progrès et la neutralité des techniques. L’historien des techniques Guillaume Carnino adresse une série d’objections à C. Durand et R. Keucheyan, auteurs de “Comment bifurquer ? Les principes de la planification écologique”.
Un livre récent applique l’analyse marxiste à la salarisation de l’agriculture française. Ce serait bienvenu, explique Tanguy Martin, s’il ne s’en réclamait pas aussi pour fustiger l’écologisation des pratiques et des politiques agricoles, et pour se ranger derrière les valeurs des agrimanagers. Marx détourné au service du grand capital… une gageure !
Dans son livre “Désarmer le béton, ré-habiter la terre”, l’architecte et militante Léa Hobson règle son compte à la plus massive des armes de construction du capitalisme et appelle à se défaire de son emprise. Pas le choix : tôt ou tard, le béton armé qui structure nos sociétés terminera en gravats – autant le remplacer ! Compte-rendu de lecture.
La recherche scientifique joue un rôle central pour documenter l’étendue et la gravité de la catastrophe écologique. Mais la science n’est-elle pas aussi un moteur de cette crise ? Dans son livre “Décroiscience”, Nicolas Chevassus-au-Louis revient sur l’époque charnière des années 1970, où s’est développé un double mouvement d’autocritique de la science et de l'économie.
“Qu’est que ça fait d’être un problème dans la chaine d’approvisionnement de quelqu’un ?”, demandent Fred Moten et Stefano Harney dans “All incomplete”, un essai théorique sur les infrastructures du capitalisme logistique, vues à travers le prisme de la tradition radicale afro-américaine. Compte-rendu de lecture pour regarder autrement Amazon et son monde.
Dans son livre “Hayek’s Bastards”, l’historien Quinn Slobodian retrace le processus de radicalisation du projet néolibéral à base de théories suprémacistes visant à neutraliser tout ce qui menace l’ordre capitaliste, les privilèges de l’homme blanc et la civilisation occidentale. Cela vous rappelle l’extrême droite ? Vous avez raison. Analyse.
Depuis 2008, le néolibéralisme n’en finit pas de mourir à chaque crise. Et s’il était bel et bien terminé, remplacé par un « capitalisme de la finitude », de retour après une longue absence et bien résolu à faire main basse sur les ressources d’un monde limité ? C’est la thèse que défend Arnaud Orain dans son livre « Le monde confisqué ». Examen critique.
En 2017, la journaliste Eliane Brum quitte São Paulo pour s’installer dans une ville sinistrée au cœur de l’Amazonie. Objectif : raconter de l’intérieur les ravages d’un barrage monstrueux qui étrangle le fleuve et ruine la vie des autochtones. Résultat : « Banzeiro Òkòtó », un livre puissant qui fait du nordeste brésilien le centre de nos mondes effondrés.