Derrière le monde des marchandises, il y a les arrière-mondes de la production ou du transport. Derrière les écrans, il y a une énorme infrastructure matérielle et physique. Et derrière les clouds, il y a les indispensables data centers, qui prolifèrent en avalant l’espace et l’électricité. À Marseille, assaillie par les câbles, la résistance s’organise.
“Qu’est que ça fait d’être un problème dans la chaine d’approvisionnement de quelqu’un ?”, demandent Fred Moten et Stefano Harney dans “All incomplete”, un essai théorique sur les infrastructures du capitalisme logistique, vues à travers le prisme de la tradition radicale afro-américaine. Compte-rendu de lecture pour regarder autrement Amazon et son monde.
La guerre en RDC dure depuis 30 ans. Inéluctables conflits tribaux ? Non : ingérences étrangères pour le contrôle des métaux. Dans un entretien avec Celia Izoard, la juriste Gloria Menayame et le politiste David Maenda Kithoko dénoncent la malédiction, au Congo, de ne pas pouvoir se percevoir autrement que comme une ressource pour les puissances capitalistes.
Nos technologies avalent un nombre croissant de minerais, dont une partie est arrachée dans la violence. Dans une captivante enquête sur l’extractivisme minier au Congo, Celia Izoard démontre la complicité de l’UE dans une économie de guerre : en signant un accord minier avec le Rwanda, la Commission soutient la terreur et le saccage dans la région du Kivu.
Le déploiement de l’IA semble inéluctable. Et alors ? « On est libre de l’utiliser ou non. » « Tout dépend de l’usage qu’on en fait. » « Trop tard, les jeunes l’utilisent déjà. » Dans cette analyse, Olivier Lefebvre reprend les termes du débat et rappelle que l’IA est une technologie, insérée dans un système technique : l’adopter fait changer la société.
Suite à la réélection de Trump, de nombreux collectifs de gauche – syndicats, associations, médias et revues alternatives, dont Terrestres – ont annoncé leur départ de « X » et appelé à s’inscrire sur Bluesky ou Mastodon. Une position très insuffisante, jugent les auteurs de cette tribune.
L'emprise et les méfaits du numérique s'accentuent chaque jour : surveillance, dépendance, aliénation, troubles de l'attention, empreinte écologique et matérielle colossale, militarisation... N'est-il pas temps d'abandonner les illusions à propos d'un réseau numérique pouvant être orienté dans un sens émancipateur ? Cette tribune invite à participer à des rencontres sur ce thème en Limousin du 27 au 29 juin prochain.
Le collectif STopMicro lutte contre les nuisances des industries de la microélectronique autour de Grenoble. Mais la lutte locale est aussi globale : derrière le projet d’extension de deux usines de puces électroniques, c’est l’emballement technologique et la numérisation du monde que STopMicro analyse et dénonce avec rigueur et humour. Un nouveau vent technocritique souffle dans le champ de l’écologie politique !