Il y a 30 ans, les promoteurs du numérique annonçaient un monde plus juste, libre et écologique, la fin du travail et l'érosion du capitalisme. Pourquoi ce même numérique façonne un monde chaque jour plus dystopique ? Dans son livre “Pris dans la toile”, Sébastien Broca revient sur les promesses et les illusions portées par l'utopie d'Internet. Extrait.
Un documentaire récent entend brosser une image désirable de la France de 2100 à +4°C pour contrer le pessimisme ambiant. Résultat : une France rance, qui a renoncé à l’atténuation, à la justice sociale et même au bon sens. Une tribune collective rétablit les faits scientifiques sur la dévastation du système Terre et remet la question politique au premier plan.
Trente ans après sa naissance, que reste-t-il des promesses d’émancipation portées par l’utopie d’Internet ? Le bilan s’amaigrit chaque jour, à mesure que l'industrie numérique accélère la victoire du techno-fascisme. Cette septième rencontre Terrestres reviendra aux sources de l'utopie numérique pour comprendre cette infrastructure et son idéologie.
De l’Iran à l’Amérique du Sud, les résistances féministes ont été largement renouvelées depuis dix ans. Sa lecture généreuse du livre “Résistances affectives” de l’anthropologue d’origine iranienne Chowra Makaremi a inspiré à Isabelle Stengers un texte vivifiant autour des “politiques de l’attachement”, en forme de portrait de l’époque à travers ses soulèvements.
Qu’est-ce que la nouveauté au juste ? Et pourquoi fait-elle vendre ? Dans cet entretien avec Anthony Galluzzo, la philosophe Jeanne Guien analyse les discours sur la nouveauté, depuis la colonisation marchande au 16ème siècle jusqu’aux dernières tendances des réseaux sociaux. Et réfute l’idée, si chère au marché, d’un désir universel de nouveauté.
Années 1980. Alors que l’agriculture soviétique s’industrialise et que les intrants chimiques inondent les champs russes, l’écrivain Ivan Filonenko dénonce un désastre écologique. Dans son livre “Qui suis-je sur Terre ?”, il chronique les alternatives au modèle productiviste tout en s’émerveillant de la beauté du vivant. En route pour les kolkhozes écolo !
À mesure qu’une partie de la gauche découvre l’écologie, on ne cesse de constater qu’elle reste profondément industrialiste, prisonnière de sa foi dans le progrès et la neutralité des techniques. L’historien des techniques Guillaume Carnino adresse une série d’objections à C. Durand et R. Keucheyan, auteurs de “Comment bifurquer ? Les principes de la planification écologique”.
Un livre récent applique l’analyse marxiste à la salarisation de l’agriculture française. Ce serait bienvenu, explique Tanguy Martin, s’il ne s’en réclamait pas aussi pour fustiger l’écologisation des pratiques et des politiques agricoles, et pour se ranger derrière les valeurs des agrimanagers. Marx détourné au service du grand capital… une gageure !