Celles et ceux qui ont assisté à des spectacles de Baro d’evel portent en eux un petit secret : il existe une compagnie dont l’art total mêle cirque, poésie, danse, chant et travail avec les animaux. Baro d’evel donne forme aux vertiges de notre époque. Leur livre “Le dedans et le dehors”, aussi beau à regarder qu’à lire, raconte leur monde. Extrait.
Dans les programmes scolaires, l'écologie est la plupart du temps réduite à la promotion individualisante et dépolitisée des “petits gestes”. Pour son dernier livre, la philosophe et formatrice Irène Pereira s’appuie sur les différents courants de l’écologie sociale afin d’élaborer une pédagogie de l’action collective face aux injustices socio-écologiques.
Des écolos s’alliant aux chasseurs ? Impensable ! Contre les lobbies réactionnaires de la chasse et par pragmatisme, des naturalistes et ornithologues militant·es défendent pourtant une proposition d’union stratégique avec un type de chasse aux oiseaux pour mieux en combattre un autre, particulièrement destructeur. Récit illustré depuis les sommets des Pyrénées.
Pour son livre “Burn out”, l’historienne Hannah Proctor a exploré les archives de groupes politiques et interrogé des militant·es sur les émotions négatives qui accompagnent les défaites. Et si la dépression, l’épuisement ou le deuil étaient non pas un fait privé mais une composante à part entière des pratiques collectives d’organisation ? Entretien.
Le terme “écologie” a-t-il un sens pour les militant·es racisé·es des quartiers populaires ? Dans un entretien à Terrestres, quatre habitant·es se livrent sur leur quotidien de locataires dans une banlieue de Paris et sur leur lutte pour des conditions d’existence dignes, entre logements exigus et insalubres, incinérateur polluant et racisme structurel.
Aux États-Unis, des classes populaires blanches vivent sous le seuil de pauvreté dans des régions sinistrées et polluées, entre cancers et opioïdes... tout en soutenant des Républicains fanatisés qui n’ont de cesse d’achever l’État providence. La sociologue Arlie Russell Hochschild a mené l’enquête sur ce paradoxe, analysé dans deux livres à succès.
Les énergies fossiles russes maintiennent à la fois le régime en place et la société à flot. Une Russie post-Poutine et post-hydrocarbures tiendrait-elle encore debout ? Lecture croisée de deux livres majeurs sur le plus vaste empire du pétrole et du gaz, alors que la guerre en Ukraine se poursuit et que le changement climatique percute la Russie comme jamais.
Comment aborder les enjeux écologiques à la veille de l’élection de 2027 ? L’histoire internationale récente augure-t-elle une victoire de la gauche ? Dans une nouvelle BD de prospective sérieuse et hilarante, Alessandro Pignocchi esquisse des réponses sous la contradiction de François Mitterrand, d’une outarde présidente ou d’une mésange social-démocrate.
Depuis quarante ans, les néolibéraux expliquent qu'ils agissent au nom de la science en imposant l'économie comme un domaine intouchable régi par des lois présentées comme naturelles. Dans cette préface américaine au livre “Le choix de la guerre civile”, l'historien Quinn Slobodian revient sur ce coup de force.
L’écologie a-t-elle déjà tué ? Les trois morts causées par les colis explosifs de l’étasunien Theodore Kaczynski, dit “Unabomber”, semblent l’attester. Mais pour être “écoterroriste”, encore faut-il être écologiste. Or ce n’est pas vraiment le cas de Kaczynski, comme le démontre le politiste Sean Fleming dans un examen inédit et précis de ses écrits.
De 1960 à 1966, l’État français a sciemment sacrifié le Sahara algérien en y faisant exploser 17 bombes atomiques. Dans son livre “Toxicité coloniale”, l’historienne et architecte Samia Henni exhume les archives brûlantes de ces épisodes enfouis et montre le prix démesuré payé par les corps et les territoires sahariens au nom de la puissance nucléaire française.
Conservateurs, réactionnaires, néo-fascistes… Le second mandat de D. Trump a attiré l’attention sur des idéologues étasuniens aussi tapageurs qu’extrémistes. Mais pour la politiste Laura K. Field, ces têtes d’affiche masquent plusieurs courants intellectuels distincts agissant en symbiose au service du projet MAGA. Analyse de son livre “Furious Minds”.
Soutenir l’agrandissement des usines électroniques en France, c’est défendre la “souveraineté industrielle” et laisser le reste du monde en paix ? Au contraire, prévient Celia Izoard dans sa préface à l’ouvrage “Anatomie d’une puce”. Les mécanismes de cette supposée “souveraineté” sont aux fondements du renforcement impérial et de la course à l’armement.
“Il n’y avait pas d’animal au Moyen Âge.” Ainsi s’ouvre le livre de Pierre-Olivier Dittmar, une passionnante histoire socio-culturelle du vivant sur le thème de l’animal en tant que catégorie, qui n’a pas toujours existé comme on la connaît. Contrairement aux animaux eux-mêmes, qui vivaient bien sûr par milliers autour des humains, parmi eux… ou en eux. Extrait.
L’art ancestral du rêve dans différentes cultures peut-il nous aider à survivre individuellement et surtout à nous organiser collectivement ? Rencontre Terrestres autour des rêves avec Barbara Glowczewski et Nastassja Martin le 3 juin à l’Académie du climat, pour saisir la portée politique de la pratique du rêve et imaginer de nouvelles formes de résistance.
Voilà une bonne nouvelle : tout n'a pas déjà été dit sur le capitalisme et l’anticapitalisme. Les blasé-es comme les curieux peuvent donc se réjouir du volume collectif, Mondes postcapitalistes, coordonné par Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre. Rencontre Terrestres avec les auteurs le 28 mai à l’Académie du climat.
Longtemps, l’histoire a étudié les humains et leurs événements, la nature n’étant qu’un décor ou une ressource. Et puis l’histoire environnementale a inclus les animaux, les mers ou les microbes dans l’analyse, en leur conférant un rôle actif. Mais de quelle agentivité parle-t-on ? Essai sur une question passionnante, par l’historienne Bathsheba Demuth.
C’est un livre dans lequel on voudrait habiter : dans “Mondes postcapitalistes” des dizaines d’auteur·ices imaginent la vie après le capitalisme, puisant dans le meilleur des sciences humaines et sociales pour composer une société libre et épanouissante. Reste à la faire advenir, contre un capitalisme bien décidé à tout détruire ! Tour d’horizon de l’ouvrage.
L’affrontement entre les pensées du vivant et les critiques du capitalisme a beaucoup agité le champ de l’écologie politique francophone. N’est-il pas temps d’acter l’entrelacement des problèmes, sociaux et écologiques ? La pensée du philosophe Baptiste Morizot, a priori éloignée des critiques du capitalisme, propose de nombreux points de jonction.
Les discours sur le changement climatique entendent revenir au climat de l’Holocène, étalon d’habitabilité où s’épanouit la civilisation. Mais quelle civilisation ? Dans ce troisième volet de son enquête sur l’Anthropocène, le philosophe Pierre de Jouvancourt interroge un impensé majeur des sciences de la terre et du climat : la norme civilisationnelle.