Frédéric Neyrat

Frédéric Neyrat, philosophe, est professeur dans le département de Littérature comparée de l’université de Wisconsin-Madison. Spécialiste de la pensée contemporaine, ayant enseigné plusieurs années les études environnementales, il est l’auteur de Homo Labyrinthus (2015), La Part inconstructible de la Terre (2016) et Échapper à l'horreur (2017). Site personnel: Atopies (https://atoposophie.wordpress.com/)

U.S.A. : fascisme ou abolition

Depuis plus d’une décennie, presque chaque élection à travers le monde se solde par ce constat d’impuissance navrante : prévoir le pire. Que penser des élections américaines du 3 novembre prochain ? Une défaite de Trump pourrait-elle se muer en un coup de force fasciste ? Une victoire de Biden offrirait peu de choses, mais pourrait être le point d’appui minimal pour expérimenter d’autres façons de vivre aux U.S.A.

Révolution sans arche

Que peut nous dire Walter Benjamin sur la situation contemporaine, sur la montée simultanée des eaux et de l’éco-fascisme ? C’est à cette question que le livre de Michael Löwy, auteur indispensable pour comprendre la philosophie de Benjamin, nous aide à répondre. L’enjeu est de taille : reformuler le concept de révolution.

Virus et séparation

« Notre ennemi est le séparatisme », déclarait récemment le président Macron – mais quel séparatisme exactement ? Le sien ? Celui, biopolitique, imposé pour endiguer le coronavirus ? Ou celui en germe dans une viralité politique plus obscure, plus redoutable pour les gouvernements ayant en charge d’administrer l’extinction écologique en cours ?

L’univers n’est pas un bruit blanc : futurisme Noir et fins du monde

Que devient l’anthropocène une fois plongé dans la « métaphysique féministe Noire » d’Alexis Pauline Gumbs ? Un cosmos composé d’Océaniques, d’Aériens, de Terrestres et d’Ignés, c’est-à-dire des survivants malgré tout - malgré la fin du monde, qu’elle soit celle du passé (l’esclavage) ou celle du futur (l’écocide en cours).

La fin du monde ne sera pas télévisée

La fin d’un film apocalyptique a-t‑elle pour fonction d’escamoter la fin du monde ou de lui donner une place ? De fait, le cinéma est toujours contraint de ruser avec une fin qui ne peut en définitive que lui échapper – comme la mort, toujours, nous échappe.

Gravity ou comment revenir sur Terre ?

Il faut « rapatrier sur Terre l’esthétique de Matt Kowalsky », le personnage incarné par George Clooney dans le film Gravity : si « Kowalsky est la force sublimée de l’Anthropocène », alors « c’est ici, en chaque lieu, qu’il nous faut faire fructifier la prise de conscience d’une écosphère fragile et dynamique ».