Chers ami·es archéologues,

Côté pile, le progrès des fouilles archéologiques enrichit comme jamais notre connaissance du passé. Côté face, le pays ne cesse d’artificialiser des terres. Ce progrès et cette catastrophe sont-ils l'avers et le revers d'une même médaille ? Que peuvent entreprendre les archéologues pour dissocier leur propre activité de la croissance du ravage ? A l’image des naturalistes en lutte, une archéologie en lutte pourrait s’inventer, du côté de la défense de la terre et des vivants.

Enracinement identitaire ou attachements terrestres ? Conflits autour de la réhabitation du monde

Le fascisme a historiquement prospéré dans les époques de forte désorientation existentielle et politique. En réponse au déracinement et aux vies aliénées provoqués par le techno-capitalisme, il propose des mythes consolants et sanglants. Afin de combattre la récupération de l'écologie par le fascisme, l’enjeu brûlant est de repenser nos attachements terrestres dans un sens émancipateur.

Gouines des champs : expérimenter l’éco-féminisme par la non-mixité

Bonnes feuilles - Depuis les années 1970, aux États-Unis puis en Europe, une multitude de terres de femmes ont accueilli des expériences politiques fondamentales, mêlant ruralité, autonomie et subsistance. Ce texte offre le récit de l'une d'entre elles, explorant les effets existentiels et politiques de ces rencontres et communautés, loin des hommes et du patriarcat.

Monocultures de l’esprit

Bonnes feuilles - Que devient la forêt lorsqu'elle est appréhendée sur le modèle de l'usine et réduite à être une mine de bois ? En s'appuyant sur le mouvement Chipko né en 1973 en Inde, l'écoféministe Vandana Shiva montre que deux paradigmes s'affrontent : la monoculture industrielle contre une approche écologique globale. Derrière l'enjeu des ressources, le conflit porte sur deux régimes de perception scientifique et philosophique de la nature.

Sensation caniculaire

Le récent méga-feux hexagonal ainsi que l’ampleur de la catastrophe écologique ont conduit Arthur Rimbaud à sortir de son silence post-mortem. Celui qui donnait au poète la mission de devenir “voyant” a confié à Terrestres une reprise actualisée de son poème Sensation écrit en mars 1870.

L’éco-anxiété n’est pas une maladie, mais une mèche incandescente

Vous reprendrez bien un peu d’anxiolytique en ce jour de pic d’éco-anxiété ? Tandis que la chaleur nous empêche de dormir et que les forêts brûlent, les mots qui piègent nous assaillent. L’éco-anxiété est un leurre : l’expérience d’un monde étouffant et indéfendable ne peut être laissée à une caractérisation médicale. Ne faudrait-il pas plutôt politiser notre sueur, c'est-à-dire : stopper le désastre en métamorphosant nos impuissances en actions ?

Sur les (aimables) leçons des pétrocrates menaçant la cohésion du...

Coup de tonnerre médiatique : les trois dirigeants de Total, EDF et Engie en appellent à la sobriété et à la chasse au gaspillage. Ils osent même recycler une formule chère aux acteurs luttant de longue date pour une décroissance énergétique : « la meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas ». Assiste-t-on au suicide du capitalisme fossile ? À rebours de l’accueil médiatique, Terrestres propose une lecture dissonante.

Battre l’enfer quand il fait chaud

Chronique de l’écocide. Depuis plusieurs années, le « jour du dépassement », symbole d’une économie de prédation qui conduit l’humanité à accélérer le pillage de la Terre, coïncide avec des vagues de chaleur sans précédent à travers le monde. Assiste-t-on enfin à la rencontre du monde sensible et du monde intelligible ? Comment transformer la violence de ces épisodes en énergie politique ?