Face au déferlement technologique, les analyses se multiplient pour comprendre la nature de ces pouvoirs. Répondant à celle du sociologue Irénée Régnauld, qui développe dans “La sommation technologique” une “critique interne à la technocritique”, deux historiens reviennent aux bases de ce courant de pensée et remettent la matérialité des technologies au centre du débat.
Notre dépendance matérielle à une civilisation en perdition nous enferme dans la techno-dystopie. Pour sortir de l’impuissance politique, d’aucuns appellent à se réapproprier la technologie pour en modifier les usages. Vision trompeuse, affirme le Comité invisible dans cet extrait de son “Manuel de survie” : les techniques sont bien davantage que des instruments.
L’écologie a-t-elle déjà tué ? Les trois morts causées par les colis explosifs de l’étasunien Theodore Kaczynski, dit “Unabomber”, semblent l’attester. Mais pour être “écoterroriste”, encore faut-il être écologiste. Or ce n’est pas vraiment le cas de Kaczynski, comme le démontre le politiste Sean Fleming dans un examen inédit et précis de ses écrits.
Il n’y a pas « une » mais « des » pensées décoloniales. Selon les auteurices du livre « Critique de la raison décoloniale », un courant en particulier, né dans les universités étasuniennes et influent sur le continent américain, s’accapare toutefois le domaine. La sortie de l’ouvrage en français est l’occasion pour l’historien Jérôme Baschet d’identifier les nœuds de cette controverse et d’appeler à un débat plus ample.
Depuis quelques mois, la planification fait son grand retour dans les discours politiques. En retraçant l'histoire de cette idée, Geneviève Azam nous rappelle ici qu'aucune planification écologique ne pourra s’extraire de notre condition terrestre, de ses limites et de ses multiples interdépendances.
Il y a quelques années, le "tournant ontologique", un courant théorique des sciences humaines, affirmait que les différences ne sont pas simplement une question de perspective sur un même monde, mais des différences de monde. Cette approche ne perd-elle pas de vue les rapports de pouvoir ? C'est ce qu'affirme l’anthropologue Christine Chivallon dans un livre récent, qui propose le concept d’"inhumain".
Depuis plus de trente ans, des ouvrages alertent régulièrement sur les liens supposés entre l'écologie politique et le conservatisme, et même l'extrême-droite. Un livre récent consacré aux verts-bruns n'est pas plus convaincant que les précédents. Un défaut de méthode et un argumentaire construit sur des ressemblances superficielles conduisent à un naufrage éditorial.
Toute pensée politique désirant l'émancipation collective s'affronte à la transformation du réel. Mais ce qu’il s’agit de viser, de se donner pour but, est loin d’être évident. Devons-nous imaginer des utopies servant de principes à l'action politique, mais sans espoir de les voir naître ? Ou bien devons-nous trouver des voies de transformation proches du réel, et abandonner l'idée d'un absolu politique ?