Longtemps consignées sur papier, nos archives individuelles et collectives sont désormais numériques… et menacées par l’obsolescence matérielle, les propriétaires de logiciels ou les pouvoirs autoritaires. Pour lutter contre la fabrique de l’oubli et redonner de la matérialité à nos histoires, il est urgent d’imaginer un mouvement d’archivistes citoyen·nes.
Pour son livre “Burn out”, l’historienne Hannah Proctor a exploré les archives de groupes politiques et interrogé des militant·es sur les émotions négatives qui accompagnent les défaites. Et si la dépression, l’épuisement ou le deuil étaient non pas un fait privé mais une composante à part entière des pratiques collectives d’organisation ? Entretien.
Depuis quarante ans, les néolibéraux expliquent qu'ils agissent au nom de la science en imposant l'économie comme un domaine intouchable régi par des lois présentées comme naturelles. Dans cette préface américaine au livre “Le choix de la guerre civile”, l'historien Quinn Slobodian revient sur ce coup de force.
De 1960 à 1966, l’État français a sciemment sacrifié le Sahara algérien en y faisant exploser 17 bombes atomiques. Dans son livre “Toxicité coloniale”, l’historienne et architecte Samia Henni exhume les archives brûlantes de ces épisodes enfouis et montre le prix démesuré payé par les corps et les territoires sahariens au nom de la puissance nucléaire française.
“Il n’y avait pas d’animal au Moyen Âge.” Ainsi s’ouvre le livre de Pierre-Olivier Dittmar, une passionnante histoire socio-culturelle du vivant sur le thème de l’animal en tant que catégorie, qui n’a pas toujours existé comme on la connaît. Contrairement aux animaux eux-mêmes, qui vivaient bien sûr par milliers autour des humains, parmi eux… ou en eux. Extrait.
Longtemps, l’histoire a étudié les humains et leurs événements, la nature n’étant qu’un décor ou une ressource. Et puis l’histoire environnementale a inclus les animaux, les mers ou les microbes dans l’analyse, en leur conférant un rôle actif. Mais de quelle agentivité parle-t-on ? Essai sur une question passionnante, par l’historienne Bathsheba Demuth.
Dans son livre “Verts de rage”, François Jarrige revient sur deux siècles de combats environnementaux en France. Il souligne l’importance du rôle des classes populaires et des alliances entre groupes hétéroclites, associés de circonstance contre les pollueurs et accapareurs en tout genre. Illustration avec quatre luttes emblématiques des années 1970-1990.
Alors que l’on commémore les 40 ans de Tchernobyl, que les plans de relance du nucléaire civil se multiplient et que l’ombre de l’arme atomique plane toujours sur le monde, deux sociologues s’entretiennent avec l’historienne Kate Brown. Au menu : le mythe du confinement, les contaminations durables, les dépollutions impossibles et l’importance des contre-enquêtes.