Comment redéfinir les besoins et le travail à l’intérieur des limites écologiques ? Le philosophe Alexis Cukier raconte les alliances passées et récentes entre collectifs syndicaux, habitant·es et écologistes. De la lutte à l’usine de Campi Bisenzio en Italie au mouvement pour des forêts vivantes en France, tour d’horizon des “utopies écologistes du travail”.
Bien avant la “découverte” de la toxicité du chlordécone, des travailleur·euses agricoles martiniquais·es s’organisaient pour réclamer l’interdiction des pesticides. Dans un entretien, les chercheurs Xavier Dolmen et Orian Lempereur-Castelli reviennent sur les revendications écologistes de 1974, effacées par la “blanchité et la colonialité du savoir”.
Chaque été, le récit médiatique sensationnaliste des incendies ravageant des régions entières nous laisse immobiles et apeuré·es. Or, la sidération nous empêche de penser les causes profondes et les responsabilités passées comme futures, prévient l’anthropologue Élise Boutié, spécialiste des feux extrêmes. Elle propose ici quelques pistes d’action.
Alors que les ravages engendrés par l’industrie du béton sont désormais connus, ses acteurs promeuvent un innovant “béton vert” censé rectifier les méfaits. Problème : outre que ce ciment existe depuis 140 ans, il ne résoudra en rien les giga-dégâts engendrés par une production amenée à exploser. Mise au point historico-technique sur une poudre aux yeux.
Longtemps consignées sur papier, nos archives individuelles et collectives sont désormais numériques… et menacées par l’obsolescence matérielle, les propriétaires de logiciels ou les pouvoirs autoritaires. Pour lutter contre la fabrique de l’oubli et redonner de la matérialité à nos histoires, il est urgent d’imaginer un mouvement d’archivistes citoyen·nes.
Pour son livre “Burn out”, l’historienne Hannah Proctor a exploré les archives de groupes politiques et interrogé des militant·es sur les émotions négatives qui accompagnent les défaites. Et si la dépression, l’épuisement ou le deuil étaient non pas un fait privé mais une composante à part entière des pratiques collectives d’organisation ? Entretien.
Depuis quarante ans, les néolibéraux expliquent qu'ils agissent au nom de la science en imposant l'économie comme un domaine intouchable régi par des lois présentées comme naturelles. Dans cette préface américaine au livre “Le choix de la guerre civile”, l'historien Quinn Slobodian revient sur ce coup de force.
De 1960 à 1966, l’État français a sciemment sacrifié le Sahara algérien en y faisant exploser 17 bombes atomiques. Dans son livre “Toxicité coloniale”, l’historienne et architecte Samia Henni exhume les archives brûlantes de ces épisodes enfouis et montre le prix démesuré payé par les corps et les territoires sahariens au nom de la puissance nucléaire française.