Bien avant la “découverte” de la toxicité du chlordécone, des travailleur·euses agricoles martiniquais·es s’organisaient pour réclamer l’interdiction des pesticides. Dans un entretien, les chercheurs Xavier Dolmen et Orian Lempereur-Castelli reviennent sur les revendications écologistes de 1974, effacées par la “blanchité et la colonialité du savoir”.
Des enfants tombent malades, des parents entrent en lutte, et pendant ce temps les pesticides n’en finissent pas de polluer les corps et les milieux. Deux enquêtes majeures dénoncent une situation ahurissante et appellent à des changements radicaux. Entretien croisé avec les autrices, à la veille de la journée de mobilisation internationale “Stop pesticides”.
Le terme “écologie” a-t-il un sens pour les militant·es racisé·es des quartiers populaires ? Dans un entretien à Terrestres, quatre habitant·es se livrent sur leur quotidien de locataires dans une banlieue de Paris et sur leur lutte pour des conditions d’existence dignes, entre logements exigus et insalubres, incinérateur polluant et racisme structurel.
Aux États-Unis, des classes populaires blanches vivent sous le seuil de pauvreté dans des régions sinistrées et polluées, entre cancers et opioïdes... tout en soutenant des Républicains fanatisés qui n’ont de cesse d’achever l’État providence. La sociologue Arlie Russell Hochschild a mené l’enquête sur ce paradoxe, analysé dans deux livres à succès.
De 1960 à 1966, l’État français a sciemment sacrifié le Sahara algérien en y faisant exploser 17 bombes atomiques. Dans son livre “Toxicité coloniale”, l’historienne et architecte Samia Henni exhume les archives brûlantes de ces épisodes enfouis et montre le prix démesuré payé par les corps et les territoires sahariens au nom de la puissance nucléaire française.
Dans son livre “Verts de rage”, François Jarrige revient sur deux siècles de combats environnementaux en France. Il souligne l’importance du rôle des classes populaires et des alliances entre groupes hétéroclites, associés de circonstance contre les pollueurs et accapareurs en tout genre. Illustration avec quatre luttes emblématiques des années 1970-1990.
Alors que l’on commémore les 40 ans de Tchernobyl, que les plans de relance du nucléaire civil se multiplient et que l’ombre de l’arme atomique plane toujours sur le monde, deux sociologues s’entretiennent avec l’historienne Kate Brown. Au menu : le mythe du confinement, les contaminations durables, les dépollutions impossibles et l’importance des contre-enquêtes.
C’est l’histoire d’une utopie nucléaire sur fond de haine réciproque entre les deux puissances ennemies de la guerre froide. Dans “Plutopia”, l’historienne Kate Brown retrace l’histoire de deux cités – l’une soviétique, l’autre américaine – dévolues à la production de plutonium. Et décrit la vie dans ces villes-usines aussi cruciales que secrètes. Extrait.