Bien avant la “découverte” de la toxicité du chlordécone, des travailleur·euses agricoles martiniquais·es s’organisaient pour réclamer l’interdiction des pesticides. Dans un entretien, les chercheurs Xavier Dolmen et Orian Lempereur-Castelli reviennent sur les revendications écologistes de 1974, effacées par la “blanchité et la colonialité du savoir”.
Les critiques du capitalisme ont-elles tout dit ? Alyssa Battistoni, spécialiste de théorie politique et figure de la gauche étasunienne, revient sur le problème de la nature comme “don gratuit” chez les écosocialistes. Et va jusqu’à puiser dans l’existentialisme français pour défendre une politique climatique planifiée au nom de la justice sociale. Entretien.
Chaque été, le récit médiatique sensationnaliste des incendies ravageant des régions entières nous laisse immobiles et apeuré·es. Or, la sidération nous empêche de penser les causes profondes et les responsabilités passées comme futures, prévient l’anthropologue Élise Boutié, spécialiste des feux extrêmes. Elle propose ici quelques pistes d’action.
Il y a bien longtemps, on pouvait en rêver : + 2°C, comme un été prolongé. Les 2°C sont là et c’est un cauchemar. Dans les Landes, en plus des incendies monstres à répétition qui dévorent les plantations de pins, une autre brûlure menace, venue de l’océan : celles des physalies, qui débarquent en vagues infernales. Enquête au cœur d’écologies bouleversées.
Quand on est Noir·e ou Arabe à Bruxelles, on vit dans des quartiers bétonnés, pollués, contrôlés par la police, où les logements sont plus petits et les espaces verts quasi absents. Le militant antiraciste Nordine Saïdi analyse les ségrégations spatiales et raciales de la capitale belge et appelle à les combattre pour sortir d’une “écologie de confort”.
Et si la jouissance (re)devenait politique ? C’est ce que défend la philosophe écoféministe Myriam Bahaffou dans un essai au croisement des pensées décoloniales et autochtones, qui imagine une éthique environnementale où le plaisir cesse d’être oublié et où les autres qu’humains sont à la fois désirés et désirants. Un ‘date’ avec le vivant qui fait du bien.
À l’instar d’Anna Tsing ou Donna Haraway, des chercheur·ses du champ des humanités environnementales appellent à s’attacher aux “histoires vraies” pour décrire l’Anthropocène et ses ravages. Objectif : contrer la sidération et imaginer une (autre) suite au monde. Mais qu’est-ce qu’une “histoire vraie” et comment la raconter ? Analyse d’un terme à démêler.
Longtemps consignées sur papier, nos archives individuelles et collectives sont désormais numériques… et menacées par l’obsolescence matérielle, les propriétaires de logiciels ou les pouvoirs autoritaires. Pour lutter contre la fabrique de l’oubli et redonner de la matérialité à nos histoires, il est urgent d’imaginer un mouvement d’archivistes citoyen·nes.