Dénètem Touam Bona

Dénètem Touam Bona fait partie de ces auteurs afropéens, à l’identité frontalière, qui tentent de jeter des passerelles entre des mondes que vrille, toujours, la « ligne de couleur ». Collaborateur de l’Institut du Tout-Monde (E. Glissant), il est l’auteur de Fugitif, où cours-tu ? (PUF, 2016). Il s’attache en particulier à penser la question des « réfugié.e.s » à la lumière de l’expérience des esclaves fugitifs, ce dont témoigne sa collaboration avec les cinéastes Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval. Leur dernier film Fugitif, où cours-tu ? (1h20), une version épurée de L’héroïque lande(3h40), sort dans la collection « Lucarne ».

Endosser l’ombre striée des feuillages

Quand des feux sans fin assombrissent les cieux de régions tropicales convoitées (Amazonie, Bornéo…), on s’alarme aussitôt de la destruction de la forêt « primaire ». Cette nostalgie irrépressible du jardin d’Eden nourrit pourtant l’érotisme prédateur qu’elle croît condamner : le viol (néo)colonial d’une nature « vierge ».

Heroic land. Spectrographie de la « Frontière »

Avec ce récit sur la jungle de Calais, l’auteur nous invite à un voyage aux frontières du règne néolibéral, là où les corps réels, meurtris et enflammés des migrants, persistent à vivre et à espérer.

Cosmo-poétique du refuge

Le marronnage se déploie sur près de quatre siècles dans les Amériques et les archipels de l'océan Indien. A Haïti, le monde afro-diasporique s'est construit contre la propriété privée et la quête du profit. De la colonie à notre société de contrôle, la sécession marronne ne demande qu'à être réinventée.