Et si la jouissance (re)devenait politique ? C’est ce que défend la philosophe écoféministe Myriam Bahaffou dans un essai au croisement des pensées décoloniales et autochtones, qui imagine une éthique environnementale où le plaisir cesse d’être oublié et où les autres qu’humains sont à la fois désirés et désirants. Un ‘date’ avec le vivant qui fait du bien.
Dans “La terre amoureuse (se dit de la terre qui colle aux bottes)”, Rebekka Deubner photographie le territoire des mégabassines, à la rencontre des paysan·nes et de leur milieu. Puis l’autrice Estelle Benazet Heugenhauser prend le prétexte d’une virée en bus dans les Deux-Sèvres pour mêler paysages, mémoire intime et sabotage dans un texte superbe. Extrait.
Alors que les ravages engendrés par l’industrie du béton sont désormais connus, ses acteurs promeuvent un innovant “béton vert” censé rectifier les méfaits. Problème : outre que ce ciment existe depuis 140 ans, il ne résoudra en rien les giga-dégâts engendrés par une production amenée à exploser. Mise au point historico-technique sur une poudre aux yeux.
À l’instar d’Anna Tsing ou Donna Haraway, des chercheur·ses du champ des humanités environnementales appellent à s’attacher aux “histoires vraies” pour décrire l’Anthropocène et ses ravages. Objectif : contrer la sidération et imaginer une (autre) suite au monde. Mais qu’est-ce qu’une “histoire vraie” et comment la raconter ? Analyse d’un terme à démêler.
Longtemps consignées sur papier, nos archives individuelles et collectives sont désormais numériques… et menacées par l’obsolescence matérielle, les propriétaires de logiciels ou les pouvoirs autoritaires. Pour lutter contre la fabrique de l’oubli et redonner de la matérialité à nos histoires, il est urgent d’imaginer un mouvement d’archivistes citoyen·nes.
Depuis quarante ans, les néolibéraux expliquent qu'ils agissent au nom de la science en imposant l'économie comme un domaine intouchable régi par des lois présentées comme naturelles. Dans cette préface américaine au livre “Le choix de la guerre civile”, l'historien Quinn Slobodian revient sur ce coup de force.
L’écologie a-t-elle déjà tué ? Les trois morts causées par les colis explosifs de l’étasunien Theodore Kaczynski, dit “Unabomber”, semblent l’attester. Mais pour être “écoterroriste”, encore faut-il être écologiste. Or ce n’est pas vraiment le cas de Kaczynski, comme le démontre le politiste Sean Fleming dans un examen inédit et précis de ses écrits.
“Il n’y avait pas d’animal au Moyen Âge.” Ainsi s’ouvre le livre de Pierre-Olivier Dittmar, une passionnante histoire socio-culturelle du vivant sur le thème de l’animal en tant que catégorie, qui n’a pas toujours existé comme on la connaît. Contrairement aux animaux eux-mêmes, qui vivaient bien sûr par milliers autour des humains, parmi eux… ou en eux. Extrait.