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Dans le cadre de la saison 2 des Soulèvements de la terre figurait la campagne “Bye-bye Bayer – Ciao Monsanto”. Le but affiché : aller assiéger le siège de Bayer-Monsanto le 5 mars à Lyon. Ce récit personnel de la journée de mobilisation et les réflexions stratégiques qui suivent sont écrits par une personne qui a suivi le mouvement depuis son lancement et qui habite en milieu rural. Ces éléments de contexte expliquent le point de vue adopté dans ce texte, qui n’est pas un point de vue collectif porté par l’ensemble du mouvement.

Inscription de la journée dans les Soulèvements

C’est dans les cartons depuis le commencement. Une action ciblant Bayer-Monsanto, géant mondial de l’agrochimie, avait déjà été proposée à la toute première assemblée des Soulèvements de la terre en janvier 2021. Mais il était encore trop tôt à l’époque pour l’inscrire dans le calendrier commun du mouvement nouveau-né. Il a fallu attendre l’été pour que ce début de piste aboutisse à l’inscription d’une action ambitieuse dans le programme de la saison 21Jusqu’à présent, les Soulèvements de la terre s’organisent en campagnes d’actions appelées “saisons” de 6 mois environ, entrecoupées par des “interludes”, des assemblées du mouvement où se débriefe la saison passée et se décident les actions de la prochaine saison..

L’action de Lyon s’annonçait de fait comme une étape importante des Soulèvements, voire même le point d’orgue qui viendrait clôturer cette saison en beauté : la communication et le travail d’organisation réalisés en amont avaient tout pour en faire un rendez-vous d’ampleur nationale.

Qui plus est, la date surgissait dans une période de montée en puissance du mouvement : bon nombre de personnes galvanisées par la manif’action du 6 novembre contre les méga-bassines2https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/la-prise-de-la-bassine attendaient le rendez-vous lyonnais avec hâte. La réappropriation d’une parcelle de vignes en friche fin janvier dans le Jura 3https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/dans-le-jura-600-personnes-reprennent-la-terre-aux-aux-speculateurs ainsi que l’interlude survenu dans la foulée avaient quant à eux permis de consolider les liens en interne et de reconduire la coalition initiale entre paysan·nes de la conf, luttes locales, groupes autonomes et jeunes écolos sur les 6 prochains mois.

Malgré un contexte apparemment propice, j’étais néanmoins perplexe quant à cette date. 

Choix de la cible et préparation de l’action

Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour choisir de s’attaquer à Bayer-Monsanto : si la firme apparaît comme une cible évidente pour dénoncer la domination du complexe agro-industriel et l’extrémisme de ses multinationales, le choix est cependant discutable sur un plan stratégique. Il est à la fois évident, car tout le monde déteste Bayer-Monsanto, et ce à raison : non contente de ses méfaits passés, l’entreprise prédomine aujourd’hui dans la recherche technologique qui doit conduire à l’agriculture zéro paysan, numérique et robotisée de demain4Nombreuses sont les enquêtes portant sur les méfaits de Bayer-Monsanto : je renverrai seulement vers celle publiée l’an dernier par Extinction Rebellion sur les néonicotinoïdes qui décortique bien les rouages du complexe agro-industriel. Relire aussi l’Ultimatum adressé à Bayer-Monsanto pour l’appel à action du 5 mars qui énonce les activités désastreuses majeures de la firme https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/assieger-bayer-monsanto-lyon. Discutable toutefois, car le risque est grand de se casser tout bonnement le nez contre les murs inébranlables de la méga-firme. Surtout que ce même siège a déjà été envahi l’an dernier par le groupe local d’Extinction Rebellion, et que leur action pourtant longuement préparée a été totalement étouffée5https://www.lyonmag.com/article/114258/lyon-les-militants-d-extinction-rebellion-s-en-prennent-au-siege-de-bayer : raison suffisante pour freiner la participation de plus d’un·e activiste6Depuis quelques temps déjà, on observe que les multinationales visées par des actions de désobéissance civile adoptent une “stratégie d’étouffement médiatique” consistant à ne pas réagir publiquement, ni sur les réseaux sociaux ni par voie de presse, aux actions et aux accusations portées par les militant-es, afin de les rendre invisibles.. Or parmi les leçons apprises lors de ces dernières années d’activisme au sein de mouvements écolos, je retiens surtout les deux suivantes : une action réussie est surtout une action qui ne démobilise pas ses membres (que ce soit en raison de l’épuisement, de la déception ou frustration, ou encore de la répression policière) ; et que nous avons plus de chance d’atteindre des objectifs ambitieux si nos actions ne sont pas des coups isolées mais s’inscrivent dans une stratégie globale de lutte contre une même cible, comprenant des étapes intermédiaires concourant à ces objectifs principaux. 

Par ailleurs, il m’apparaît personnellement que la force et l’originalité des Soulèvements s’incarnent plutôt dans le renouveau d’une offensive paysanne ancrée dans des territoires, accoudée à la création de contre-institutions locales pérennes. 

Je craignais donc que nous ne retombions dans une forme de militantisme hors-sol donnant lieu à un blocage sans conséquence, qui ne serait qu’une énième action “coup de poing” prête-à-mettre en récit.

Cependant après la prise de terre dans le Jura et avant le Printemps maraîchin des 25-27 mars aux bassines, revenir à une action de mise à l’arrêt d’une multinationale répondait à la double-exigence originelle des Soulèvements : occuper des terres d’un côté, bloquer les industries polluantes de l’autre. D’une main porter des coups aux grosses firmes, de l’autre lutter sur des territoires pour des mondes désirables. Objectifs émanant du constat partagé que la bataille pour l’agriculture paysanne ne se mènera pas seulement dans les champs et les bocages récupérés, mais aussi dans l’enceinte des infrastructures et sites de production qui alimentent le ravage de la modernisation agricole.

Ce constat s’est néanmoins révélé plus difficile à partager dans les faits : l’appel à action du 57https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/assieger-bayer-monsanto-lyon, rédigé sous la forme d’un ultimatum demandant à Monsanto de faire ses cartons et de déménager de la ville, a soulevé des débats entre les différentes composantes de la lutte, et notamment avec la Conf : depuis une condition paysanne en effet, ce format d’action très urbain ne revêt sans doute pas l’aspect purement nécessaire éprouvé a contrario par un-e Lyonnais-e fatigué-e de cohabiter depuis des années avec Bayer. Soigner les liens en interne du mouvement s’avère plus difficile que prévu, et la compréhension mutuelle entre les parties reste toujours en travaux.

La mise en ligne d’une carte des différentes infrastructures de Bayer-Monsanto8https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/ciaomonsanto a invité à déclencher une série de mobilisations précèdant la date du 5 mars, dans le but de faire monter la pression. A partir de mi-janvier, diverses actions sont ainsi venues étayer le coup isolé du 5 mars : collages et affichages en centre-ville, occupation de la Direction Départemantale des Territoires de la Drôme à Valence9https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/des-paysannes-et-des-paysans-pas-des-robots-et-des-algorithmes faisant le lien entre Monsanto et le programme de relance agricole axé sur la robotisation et numérisation, et même blocage d’un site Seveso à la veille du 5 mars par une centaine de Faucheur·euses volontaires qui se sont invité·es dans l’usine de BASF à Genay10https://rebellyon.info/Le-site-chimique-de-BASF-a-Genay-a-ete-23758.

Blocage matinal du site de Villefranche-sur-Saône

 Derrière l’appel public à manifester devant le siège de la multinationale à Lyon se tramait en réalité une action d’intrusion dans l’un de ses sites de production, celui de Villefranche-sur-Saône, en vue de le mettre à l’arrêt. Le choix de ce site, qui produit 35 000 tonnes de chimie agricole par an, n’a pas été effectué au hasard : classé Seveso d’une part, réputé imprenable de l’autre. Il y a donc un enjeu tout particulier à parvenir à percer son enceinte dans l’objectif de le mettre à l’arrêt. La mobilisation vaut peut-être finalement la chandelle, plus que je ne le pensais jusqu’à présent.

Mais le matin même, déjà en chemin pour se rendre à Villefranche, on apprend qu’il y a des forces policières conséquentes déployées sur place. Là il faut calmer sa frustration. Les mauvaises nouvelles continuent de tomber : plusieurs groupes arrêtés sur la route, voitures fouillées, il y a des contrôles de police sur certains axes avant la ville. Malgré la situation, la plupart des groupes restent motivés pour tenter un déploiement près du site.

 On finit par se garer pour se rendre au nouveau point de rendez-vous, place de la mairie. La ville est grouillante en ce matin de marché : entre les stands de fruits et légumes, des partisans de Fabien Roussel distribuent des tracts ; un cortège de voitures klaxonne sur l’avenue pour enterrer une vie de jeune fille ; un rassemblement est organisé sur le parvis municipal pour parler de la guerre en Ukraine. On tente de se fondre tant bien que mal dans la masse, mais ça ne marche pas vraiment : on se repère entre nous, on se sourit quand on se croise. Souvenirs de manif gilets jaunes interdites, quand on attendait des plombes avant de trouver le bon moment pour former le cortège et partir ensemble.

Finalement un groupe agglomère du monde, on se dirige vers la mairie – pas pour écouter ce qui s’y clame, mais pour enfiler chacun.e une combi blanche. Ça commence à s’esclaffer et à chantonner, de plus en plus fort, et puis ça y est on se met en route, direction le site de Seveso de Villefranche-Limas. Déambulation festive, bruyante et au pas de course dans les rues du centre-ville pour s’échauffer, les premiers tags11Pour n’en énumérer que deux parmi nos préférés : “Bayonnons Bayer” et “Plutôt Gilets Jaunes que Agent orange”. bourgeonnent. La ville ne doit pas être tellement habituée aux manifs sauvages ni aux inscriptions sur les murs mais les passant·es sont cordiaux voire plutôt encourageant·es ! 

Non loin du site on se sépare en 2 groupes, un premier poursuit pour rejoindre l’Avenue Edouard Heriot et atteindre le site par le segment nord, l’autre l’aborde par le flanc ouest côté rails. On découvre quelques voitures et flics déployés devant les barrières et des fourgons stationnés dans l’enceinte du site. J’apprendrai a posteriori qu’un arrêté préfectoral déposé la veille interdisait tout rassemblement devant les sites de Bayer-Monsanto de la région ce jour-là et que 80 gendarmes avaient été postés autour de celui de Villefranche en particulier.

Un groupe de faucheur·euses fait tampon sur le rond point, entre les combis blanches et les tuniques bleues. Un premier assaut est lancé contre les grilles, la force collective permet d’arracher plusieurs mètres de grillage. Un peu plus loin j’observe l’attaque d’un second groupe qui arrache aussi du grillage et semble pénétrer dans l’enceinte ! On est rapidement repoussés à coup de lacrymos et de LBD mais fortement encouragés à persévérer devant la docilité du grillage.

On se tient en retrait, sans trop de prise sur la situation. Pas d’info non plus sur ce que fait l’autre groupe, seulement des rumeurs. Sans visibilité claire, tout le monde patauge : difficile de trouver les bonnes tactiques à adopter. Mais les flics ne bougent pas, ne nous repoussent pas plus loin dans la rue, alors au bout d’un moment on y retourne. Deuxième assaut, deuxième pan de grillage arraché. Il pleut des palets de lacrymo, on se retranche avec les yeux qui piquent mais la satisfaction d’avoir troué l’enceinte encore une fois. Seulement, un malheureux lacet s’est pris dans le grillage, et l’autre personne accourue pour aider à déloger le pied n’est pas parvenue à tirer suffisamment fort : les deux personnes ont été embarquées.

Ça fait un moment qu’on tourne autour du site, que l’on sait maintenant à l’arrêt. Les faucheur·euses font leur AG et prennent la décision de partir – considérant que leur objectif est donc atteint – pour rejoindre le rassemblement qui va bientôt commencer à Lyon, place Valmy.

Un barrage sur le pont qui surplombe les voies de chemin de fer nous bloque l’accès pour retourner en centre ville, et rejoindre l’autre groupe. On décide – logiquement – de passer en-dessous.

Après une traversée des ronciers, des centaines de combis blanches finissent par débouler sur les rails. Les deux groupes se sont réunis. Quelques flics figurent en arrière plan mais se maintiennent assez loin. On frime un peu sur les dizaines de rails parallèles, tout en savourant le paysage bigarré qu’offre notre cortège immaculé se frayant un chemin entre les bâtiments high-tech, la zone commerciale et la friche industrielle.

Hésitation sur ce qu’on fait. Certain·es voudraient rester, la plupart semble se demander à quoi bon. On s’échappe finalement par le parking du Burger King pour revenir vers le pont sur l’avenue Heriot, de l’autre côté du barrage policier. Là deux voitures de flics sont joyeusement tagguées, puis deux stations essence rendues inopérantes (comme un écho à la campagne d’actions contre les stations-essence Total menée par XR Lyon depuis plusieurs mois12https://reporterre.net/C-est-une-industrie-criminelle-Extinction-Rebellion-s-en-prend-au-petrolier-Total.

Bientôt 2 hélicos survolent la ville et bourdonnent au dessus de nos têtes. On s’éloigne du site, retour en centre-ville. La fumée des lacrymos se dissipe, les ruelles à nouveau respirent. L’adrénaline retombe. On enlève les combis, on se re-sépare en petits groupes.

Ni vu·es ni connu·es, croit-on.

En réalité, pas vraiment. Malgré l’ambiance rassurante de fin de marché et l’animation urbaine ordinaire, des fourgons bleus et blancs circulent, s’arrêtent, interpellent. Les groupes de militant·es ne passent pas inaperçus.

Au total, on apprendra dans l’après-midi que 11 personnes ont été placées en garde-à-vue au commissariat de la ville.

De l’après-midi je ne garderais donc aucun souvenir du village-forum sur la place Valmy de Lyon en attendant le départ du cortège, ni de la manifestation à 2000 personnes dans le 9e arrondissement, ni des particpant·es prêt·es à en découdre qui ont joué dans les nuages de gaz jusqu’à la tombée de la nuit. 

Je suis restée devant le commissariat de Villefranche à attendre la libération d’ami·es placé·es en garde à vue.

Mais la population de Villefranche est accueillante, à l’image de ces quelques figures qui nous manifesteront leur soutien : voitures passant dans la rue du comico, klaxonnant pour accompagner nos chants ; deux femmes du quartier venues nous servir du café en fin de journée, l’une témoignant : « c’est un village ici, vous êtes pas passés inaperçus ! » ; ou encore cette employée de mairie qui nous a interpellé·es, un peu plus tôt dans la journée, pour nous féliciter et nous encourager à continuer.

Le soir tombe, on rentre à Lyon retrouver du monde autour d’un verre, se raconter le reste de la journée et profiter de la soirée.

A quoi nous avance l’action de Lyon ?

En dehors de ces cortèges festifs et de la dizaine de gardes à vue, qu’avons-nous concrètement récolté suite à cette mobilisation ? Tentons de prendre du recul pour analyser son inscription au sein du mouvement. Voici les résultats qui m’apparaissent :

– une matinée de mise à l’arrêt du site Seveso de Villefranche-Limas : c’est déjà ça, se dira-t-on, même si l’impact reste relativement faible du point de vue de la multinationale.

– une certaine visibilité médiatique pour le mouvement : cependant si l’action a bien été relayée dans plusieurs médias, notamment de la région lyonnaise, la couverture n’est pas non plus énorme.

– beaucoup de liens renforcés ou (re)créés entre divers groupes militants : là est d’après moi la principale retombée de cette action. Arrêtons-nous plus en détail là-dessus, et décortiquons-en les différents angles.

  1. Créer de nouvelles alliances : la coordination a mené un gros travail de rencontres de collectifs et assos assez divers de la région lyonnaise pour co-construire l’action. Le plus notable étant le rapprochement avec les Faucheur·euses volontaires, qui va se poursuivre  notamment avec l’organisation de marches contre Monsanto. Même si nos tactiques restent très différentes, il y a eu comme un respect des formes apportées par les un·es les autres dans la convergence face à Bayer. Nous avons reçu de leur part plein de compliments sur notre énergie et notre détermination, qui les ont impressionné·es. De notre côté, leur présence a également été précieuse : c’est en partie grâce à elleux que l’action a pu se maintenir, alors que le dispositif déployé risquait de nous faire abandonner. Devant le site, ils ont offert une autre présence, plus sereine, qui a joué dans les choix de déplacement du cortège. On a aussi pu se serrer les coudes face à la répression en soutenant nos ami·es en garde à vue, et apprécier leur compagnie durant toute une après-midi. La convergence se situe dans la reconnaissance de nos différences, et la tentative de construire à partir de ces modalités plurielles.
  1. Dans la stratégie globale des Soulèvements, l’action participe à lutter en ville contre les infrastructures agro-industrielles. Ces espaces plus étouffants et plus enfermants ou l’on domine moins facilement sur le terrain, mais dans lesquels on a l’intuition qu’il faut revenir pour se réacclimater sans cesse et ne pas perdre l’habitude d’attaquer. Même si ça nous met en difficulté, ça nous permet aussi d’en ressortir grandi·es une fois l’épreuve surmontée. Et puis, on gagne en puissance au fur et à mesure de l’accumulation d’expériences de blocage, on affine nos modes de préparations d’action, pour taper plus juste et plus franchement. Cela permet aussi de tenir ensemble les dynamiques en ville et à la campagne, en répondant aux besoins et envies des différentes franges partisanes des Soulèvements. Après le Jura où la typologie d’action était très paysanne, cette fois-ci l’action a davantage parlé aux groupes militants plus urbains. Il est sans doute important de ne pas tomber exclusivement dans l’une ou dans l’autre de ces formes, mais d’accompagner le jeu de balance fédérateur pour la composition globale du mouvement. Se déplacer dans différents territoires géographiques permet aussi d’éprouver les réalités matérielles quotidiennes largement variées des un·es et des autres. L’ensemble participe de la cohésion, de la compréhension mutuelle et du travail de liant qui s’inscrit dans le temps long des alliances et amitiés politiques souhaitant constituer durablement ce mouvement.
  1. Offrir un accès plus large. Les mobilisations en ville donnent une relative bonne visibilité sur le mouvement aux réseaux militants urbains : elles peuvent être une porte d’entrée, un moment pour rencontrer ses membres ou participant·es habituel·les. La ville est plus facile d’accès et va attirer d’autres groupes, souvent plus jeunes. Elle rend palpable pour un plus grand nombre la dynamique des Soulèvements.
  1. Renforcer les liens entre nous. Je parle précisément de la complicité qu’il y a eu à se croiser dans les rues du centre-ville, à tenter de se reconnaître malgré l’anonymat offert par les combis blanches, aux rires et aux souvenirs joyeux de cortège mené ensemble : en somme, de la joie militante. Tant qu’il y a de l’amusement et de la gaieté, ça n’est pas gâché : ça renforce le moral et réaffirme l’envie de passer du temps ensemble et d’apprendre aux côtés des un·es et des autres. Je prends conscience qu’il faut sans doute donner plus d’importance qu’on ne croit à ces moments qui consistent à faire grandir le sentiment d’être tenu·es ensemble, fort·es car soudé·es. C’est celui-ci qui guidera à se découvrir en puissance, en capacité de l’emporter, quelques fois, dans certains endroits, en certaines présences. Et il faut bien se donner les moyens de croire en cette possibilité.

D’autres actions de blocage et de désarmement de sites de production s’organiseront sans doute au travers des Soulèvements de la Terre. Même si pour les mois à venir, nous nous concentrerons sur des territoires en lutte et des terres agricoles à défendre : lieux à découvrir prochainement, où s’active la construction d’autonomies concrètes, qui justifient de façon incarnée la mise à l’arrêt des industries polluantes. Chaque nouvelle lutte accueillie dans le mouvement est porteuse d’espoirs et intensifie la détermination collective. Pour les futurs assauts sur des multinationales, nous serons plus nombreux·ses et plus intelligent·es, plus efficaces, plus percutant·es, inarrêtables dans notre élan commun.

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Un autre récit de la journée de mobilisation

Directs de la journée d’action :

https://rebellyon.info/Retour-en-images-et-en-sons-sur-la-23762

https://rebellyon.info/Blocage-et-tentatives-d-intrusion-dans-le-23759

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