Table-ronde le jeudi 5 novembre 2026 avec la militante écologiste Claire Nouvian et le journaliste Guillaume Pitron. Une rencontre organisée par Terrestres et Reporterre à l’Académie du Climat à Paris (19h00-21h30).
Entrée libre, inscription souhaitée ici.
Vous pouvez aussi suivre les rencontres Terrestres en direct le soir de l’évènement ou bien les écouter tranquillement en différé, grâce à notre partenariat avec la radio associative ∏node.
Est-il encore vrai que nous connaissons mieux la surface de la Lune que le fond des océans comme l’affirmait en 2001 le docteur en géologie marine James Gardner et professeur du Centre américain de cartographie des côtes et de l’océan ? Alors que les fonds marins constituent les trois quarts de la surface de la planète, et qu’environ 28 % de leur relief est cartographié, l’appétit de la recherche pharmaceutique, du secteur militaire et des compagnies pétrolières ne cesse de croitre pour mieux connaître et exploiter les océans : ressources génétiques, algues alimentaires, minerais et métaux, poissons, gaz, phytoplanctons bioluminescents… Loin de nos regards, toute une industrie se met en ordre de bataille pour extraire calories, molécules et sources d’énergie de l’eau salée.
Au-delà du rivage et ses usages récréatifs, que connaissons-nous de la mer qui a abrité la vie pendant les neuf-dixième de son histoire ? Nul ne sait ou presque qu’en un siècle, les grands poissons ont décliné de plus de 90 % par rapport aux niveaux pré-industriels, que depuis 1970, l’océan a perdu plus de la moitié de sa vie marine ou encore que le nombre de marins dans les grands pays de pêche européens a été divisé entre trois et onze entre 1970 et 20201… Il n’y a pas que dans les campagnes industrialisées que la nature s’est tue : alors que la mer a été vidée de ses habitants, les canicules marines se multiplient et les zones sans oxygène qui asphyxient la flore et la flaune marine ont quadruplé dans le monde depuis 19502.
Au large ou dans les abysses, la mer est un champ de batailles méconnu. Cette rencontre publique propose une cartographie des enjeux écologiques et miniers et explore l’extractivisme maritime sous deux angles : avec Claire Nouvian nous réfléchirons à partir de quelle échelle la pêche se retourne en son contraire, détruisant la mer qui la nourrit au point de se transformer en « contre-pêche » ; avec Guillaume Pitron nous analyserons l’actuel engouement pour les fonds marins, la volonté d’industrialiser les océans et les divers fronts pionniers qu’ouvrent les multiples formes d’exploitation de leurs ressources.

La première invitée est militante écologiste et fondatrice de l’association BLOOM. Elle vient de sortir, début octobre 2026, l’ouvrage Reprendre la mer (Les Liens qui libèrent) avec le philosophe Baptiste Morizot et Daniel Pauly, l’un des plus grands spécialistes au monde des ressources marines. Le second est journaliste et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques. Chez le même éditeur, il sort également ce mois-ci son troisième ouvrage, Océans. Le nouveau partage du monde (Les Liens qui libèrent).
Table-ronde co-organisée par Terrestres et Reporterre, co-animée par Hortense Chauvin et Quentin Hardy. Jeudi 5 novembre 2026, 19h00 – 21h30. Académie du Climat, Salle des fêtes – 2 place Baudoyer – 75004 Paris.
Entrée libre, inscription souhaitée ici.
Pour écouter les anciennes Rencontres Terrestres, c’est ici.
Photo d’ouverture : Vue sous-marine en Indonésie, Naja Bertolt Jensen, Unsplash.
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Notes
- Living Planet Report 2024 : A System in Peril, WWF, 2024, cité in Claire Nouvian, Baptiste Morizot et Daniel Pauly, Reprendre la mer, Éditions Les liens qui libèrent, 2026, p.21-22.[↩]
- Voir l’étude sur le sujet publiée le vendredi 27 avril 2018 dans Geophysical Research Letters.[↩]






