Numéro 4

Journal d’un corps à corps avec le capitalisme fossile

La politique ne se joue pas que dans les têtes, elle est aussi une histoire de corps. À travers ses sensations, ses joies, ses peurs, ses frustrations, Claire Dietrich nous fait revivre de l’intérieur l’action de désobéissance civile qui a rassemblé des milliers d’activistes venus de toute l’Europe pour occuper une mine de charbon en Allemagne fin octobre 2018.

Après le déluge, comment retrouver une terre animée ?

David Abram interroge les liens entre l’évolution de la « technique alphabétique », des grecs anciens jusqu’à nous, et notre progressif désintérêt pour ce qui ne serait pas proprement humain. Mais cette critique prépare aussi une proposition : si les mots influencent les régimes d’attention, ne peut-on pas capter leurs puissances pour redevenir sensibles aux « mondes plus qu’humains » ?

La nature de leurs limites

L’ouvrage « Nos limites », premier livre de deux des principaux animateurs de la revue « Limite, revue d'écologie intégrale » donnait à comprendre, dès 2014, une pensée qui s'apparente davantage à une théologie catholique conservatrice – mal cachée derrière une forêt de références – qu'à une proposition écologiste. Ce texte est le 2e article (lire le 1er ici) d'une série qui se poursuivra prochainement.

Le temps compté

Si le capitalisme s’exerce d’abord et essentiellement par une prise sur le temps, alors la possibilité d’expériences de vie collectives qui échappent à cette emprise ne sera possible qu’à condition de rompre avec sa manière de compter et d’agencer le temps. C’est à une relecture du conflit politique comme conflit des temps que nous engage ainsi le philosophe Jacques Rancière.

Qui sont les ennemis de l’écologie politique ?

[Bonnes feuilles] Extrait du dernier livre de Serge Audier, l’Âge productiviste, ce texte participe à clarifier les relations historiques entre l'écologie politique et les deux grandes idéologies de l’industrialisation : le capitalisme et le socialisme.

Redonner corps à l’esprit des plantes

La question de la vie n’est pas seulement un enjeu biologique mais aussi et peut-être surtout un enjeu métaphysique qui nous interroge sur notre être au monde. À travers l’exploration de la vie des plantes le philosophe Emanuele Coccia renoue avec une approche métaphysique de la question de la nature.

Vivre avec les animaux : une proposition politique

Peut-on entretenir avec les animaux des relations qui ne reconduisent pas les logiques d'exploitation et de destruction de l'industrie ? Pour Pierre Madelin, adoucir le « contrat domestique », comme le propose J. Porcher à travers le modèle paysan, ne suffit pas : il faut repenser nos rapports aux animaux de fond en comble, dans une perspective politique d'égalité.

Pour une éthologie de l’invisible

L'anthropozoologue Stéphanie Chanvallon nous invite à repenser les relations inter-espèces depuis une dimension qui a été invisibilisée par les approches dominantes de l’éthologie fondées sur l’objectivation et la mesure des comportements animaux. Elle s'appuie ici sur ses précédentes rencontres avec les orques sauvages.

La Fin de la mégamachine. Histoire d’une civilisation au bord du gouffre

Fabian Scheidler, journaliste et dramaturge allemand, a publié en 2015 La fin de la mégamachine, un ouvrage important qui retrace l’histoire et les apories de la civilisation industrielle et sa logique d’accumulation sans fin. Terrestres propose ici pour la première fois des extraits en français.

L’univers n’est pas un bruit blanc : futurisme Noir et fins du monde

Que devient l’anthropocène une fois plongé dans la « métaphysique féministe Noire » d’Alexis Pauline Gumbs ? Un cosmos composé d’Océaniques, d’Aériens, de Terrestres et d’Ignés, c’est-à-dire des survivants malgré tout - malgré la fin du monde, qu’elle soit celle du passé (l’esclavage) ou celle du futur (l’écocide en cours).

La contre-révolution managériale

S’appuyant sur une abondante littérature produite par le management d’entreprise depuis un demi-siècle, Grégoire Chamayou montre l’ampleur de l’offensive menée par une élite économique qui a cru, dans les années 1960-70, sa dernière heure arrivée. Le capitalisme est redevenu directement politique : il a privatisé les fonctions de gouvernement, remplacé partout la vie démocratique par un libéralisme autoritaire.

La nouvelle guerre des mondes

En s’interrogeant sur les nouvelles formes du conflit politique, le livre de Josep Rafanell i Orra prolonge et renouvelle les réflexions développées dans le contexte du mouvement autonome. Contre le processus d’unification et d’expropriation globalisant à l’oeuvre dans le capitalisme, il s’agit d’opposer des manières d’habiter multiples et différenciées, capables d’articuler et de donner consistance à un commun partageable.