Temps de lecture : 12 minutes

Cet été nous avons respiré la fumée, reçu des notifications d’alertes, vu le nombre d’hectares calcinés s’emballer. Nous avons été bloqué·es dans des trains, empêché·es d’avancer par des flammes plus rapides, puissantes et débordantes que le TGV. Nous avons fixé les images des forêts en train de brûler, léchées par des brasiers sans fin ni satiété. En Drôme, à Fontainebleau, dans les Pyrénées-Orientales, dans les Landes, en Gironde, dans le Var. En Algérie aussi – mais ça on l’oublie souvent, l’autre côté de la Méditerranée. Nous avons vu les traces noires laissées par les maisons carbonisées, ces empreintes foncières déroulées par images satellites qui donnent à voir notre étalement, notre soif de terrain, notre emprise sur les espaces. L’uniformité des résidences secondaires ou de bord de mer, aussi. Nous avons vu, entendu, parfois scruté, les visages crispés de douleur et d’angoisse des évacué·es que nous donnaient les médias, voraces eux aussi de sensations à faire partager. Nous avons eu peur. Nous avons eu chaud. Nous nous sommes peut-être dit qu’il fallait faire quelque chose.

Et pourtant, nous étions immobiles, sidéré·es, incapables de penser. Et pourtant, ces images, ces sentiments, on les connaît, on les a déjà vus, déjà vécus. On devrait les reconnaître. Ce sont ceux de l’été 2025 face à l’incendie de l’Estaque à Marseille. Ce sont ceux de l’été 2024 face à l’incendie de Ribaute dans l’Aude. Ceux de l’été 2022 face à l’incendie de Landiras et de la Teste-de-Buch dans les Landes. Et pourtant, il y a comme une amnésie collective. Certes savamment entretenue. Chaque été, on entre de plein fouet dans la saison des feux et on se surprend à rester coincé·e dans la sidération de redécouvrir le phénomène. Puis l’automne arrive, les inondations recouvrent de leurs coulées de boue les traces brûlées. Et on oublie (un peu) le chaud, le feu, la peur. Le printemps nous réveille plus ou moins lentement et on fait comme si on ne savait pas ce qui nous attend avec le mois de juin. La boucle tourne et s’auto-nourrit. Flashs infos, alertes, éléments de langage, images, peurs, appréhension, contrôle de l’avancée des flammes par applications interposées : sidération. Incapacité à penser. Rupture de l’intelligible. On se dit « qu’est-ce qui nous arrive ? », « comment ça se fait ? ». On n’ose pas franchir la ligne du « qui aurait pu prédire ? », dernière décence morale, mais la tentation est proche. Alors, oui, comment se fait-il qu’on reste bloqué·es dans cette sidération face aux feux catastrophes (encore presque exclusivement) estivaux ?

Nous étions immobiles, sidéré·es, incapables de penser. Et pourtant, ces images, ces sentiments, on les a déjà vus, déjà vécus. On devrait les reconnaître.

Depuis 2018, les feux extrêmes sont devenus mon objet de recherche. Au départ, presque par hasard. Je m’intéressais à la question de savoir ce que cela fait de perdre son environnement et d’assister à la dégradation des conditions d’habitabilité de son territoire. J’ai posé cette question à travers l’étude d’une vallée de Californie du sud dans laquelle les 2000 et quelque habitant·es n’ont plus accès à l’eau potable en raison de la surexploitation de la nappe phréatique par l’agro-industrie qui y fait pousser 80 % des carottes biologiques de Californie, commercialisées sous la forme de « baby-carrots ». Là, la catastrophe est souterraine, invisible, elle agit dans l’ombre et le silence, ce n’est pas un événement avec une date de début et la mesure de moyens engagés. Elle peut rester floue ou cachée un certain temps. À la fin de ce travail de recherche, en novembre 2018, un mégafeu considéré comme l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de Californie détruit sept villes et villages en Californie du nord, dont Paradise et Magalia qui comptaient respectivement 27 000 et 11 000 habitant·es.

Je commence alors mon doctorat d’anthropologie sociale et j’ai l’impression qu’à travers cet incendie je pourrais prolonger la question qui m’intéresse : « comment vit-on sur un territoire abîmé ? ». Cette catastrophe est soudaine, spectaculaire, visible, indéniable. Dans la presse française et internationale je trouve quelques reportages sur le premier Noël des sinistré·es, d’autres sur les défis de l’organisation des distributions alimentaires aux plus précaires. Mais peu de choses sur ce qu’est un quotidien à plus ou moins long terme après un incendie.

À ne pas rater !

L'infolettre des Terrestres

Toutes les deux semaines, dans votre boîte mail : un éditorial de la rédaction, le résumé de nos dernières publications, un conseil de lecture des Terrestres et des articles tirés de nos archives, en écho à l'actualité.

Adresse e-mail non valide
En validant ce formulaire, j'accepte de recevoir des informations sur la revue Terrestres sous la forme d'une infolettre éditoriale bimensuelle et de quelques messages par an sur l'actualité de la revue.J'ai bien compris que je pourrai me désinscrire facilement et à tout moment en cliquant sur le lien de désabonnement présent en bas de chaque email reçu, conformément à la RGPD.

Comment vit-on là quand on y possède un titre de propriété sans plus de maison dessus ? Comment vivre là quand même la mairie a perdu ses archives, ses employé·es et doit désormais faire face à bien d’autres questions que la gestion des déchets ou du transport scolaire, en plus de répondre aux demandes des particuliers quant aux permis de reconstruire ? Comment vivre là lorsque la quasi intégralité de son voisinage est en prise avec un traumatisme individuel et collectif, un amoncellement de démarches administratives et une perte totale de repères ? Et puis, comment comprendre ce qui vient de se passer ? Comment le raconter ? Comment le faire entendre à celles et ceux qui n’y ont pas été confronté·es ? Comment vivre avec le souvenir entêtant de l’événement et la menace que cela puisse se reproduire ?

C’est à ces questions que j’ai consacré ma recherche doctorale afin de documenter et comprendre ce que le passage d’un feu catastrophe fait aux collectifs humains qu’il traverse et dont il bouleverse le monde. Regarder au-delà du spectaculaire et de l’extraordinaire pour m’intéresser au renversement du banal. Étymologiquement, le terme « catastrophe » vient du théâtre grec antique et désigne le dénouement du drame, le moment où l’intrigue se retourne, se renverse, est bouleversée, prend un autre cours. Désormais, il s’applique aux événements qui bouleversent les sociétés. Les sinistré·es rencontré·es parlent même d’un monde mis « sens dessus dessous », un monde dans lequel les normes, les habitudes, les repères sont brouillés, mélangés, étrangers. Je voulais comprendre concrètement, quotidiennement, socialement ce que cela implique.

Lire aussi | Un désastre si bien préparé : retour sur l’été dans les Landes・Emmanuel Ducourneau et Manon Moreau (2026)

Incendie en Californie, 8 novembre 2018. Wikimedia.

Depuis huit ans, j’essaye donc de déployer une pensée et une analyse qui rendent compte des réalités, des transformations et des enjeux sociaux et politiques qu’entraînent les mégafeux sur un court, moyen et long-terme – tout en montrant que l’après-catastrophe n’existe jamais vraiment dans le sens où il est difficile de donner une date de fin à la catastrophe, contrairement à la facilité avec laquelle on peut se référer à « l’incendie du 8 novembre 2018 de Paradise » ou à « l’incendie du 5 juillet 2025 de Marseille ».

Devenus partie prenante de notre réalité climatique et sociale, il me semble important et urgent de regarder en face ces feux tantôt appelés « méga », « extrêmes », « de grande ampleur » ou « catastrophe »1, et de regarder au-delà du traitement médiatique qui leur est offert et qui est, parfois, l’un des seuls liens que les citoyen·nes ont avec ces événements.

Pourtant, chaque été depuis huit ans, je lis dans la presse les mêmes témoignages provenant de victimes différentes, les mêmes unes dans des journaux diamétralement opposés et les mêmes questions posées d’un territoire à l’autre. Et c’est toujours la même sidération qui est réactivée comme si on redécouvrait, chaque été, la réalité, la puissance et les impacts de ces incendies. Alors même qu’on a désormais des antécédents avec ces feux extrêmes. Comme si une nouvelle vieille d’il y a presque 10 ans se faisait passer pour un scoop. Et ça marche. Sont réactivés les mécanismes de l’empathie extrême avec peu de critiques des causes profondes de l’événement, de rappels des connaissances acquises sur l’évolution des feux ces vingt dernières années, de mise en avant des choix politiques faits au détriment des recommandations des travaux scientifiques. Parfois jaillit de la colère. Notamment de la part des sinistré·es qui ressentent une grande impuissance face à leurs pertes alors même qu’ils et elles savaient que cela étaient probable, voire possible. Mais cette colère est elle aussi traitée comme un écran de fumée qui non seulement circonscrit l’événement à des situations individuelles et isolées et entretien l’illusion que le rapport aux incendies ne passerait que par la réparation, la reconnaissance des dommages ou la transformation des régimes assurantiels – qui sont trois éléments très importants dans les processus de reconstruction, mais dont la mise en avant efface l’information principale, à savoir : les feux ne vont pas cesser.

Parfois jaillit de la colère. Notamment de la part des sinistré·es qui ressentent une grande impuissance face à leurs pertes alors même qu’ils et elles savaient que cela étaient probable, voire possible.

Alors que faire de cette sidération ? Et si cette sidération était en grande partie une construction sociale, un choix politique et médiatique qui empêcherait de penser l’après, c’est-à-dire la répétition et l’intensification des grands incendies, la recherche des causes profondes de ces événements, la prise de responsabilités pour le futur ?

La sidération est d’abord l’expression d’un choc et d’une peur individuels et collectifs face à ce qui est en train d’arriver : la destruction, la perte, la mort. Elle est donc normale et légitime. Mais comment la dépasser ? Comment retrouver un rapport intelligible à ce qu’il se passe ? Il me semble qu’il est désormais primordial de franchir la barrière de la sidération pour rattraper notre retard face à l’urgence climatique dont les feux extrêmes sont une des manifestations les plus actuelles et spectaculaires par l’ampleur de ses destructions.

15 juillet 2026, feu en forêt de Fontainebleau. Wikimedia.

Pour cela, il paraît essentiel de sortir les feux des récits médiatiques et politiques qui les cantonnent à des défis locaux de lutte anti-incendie et les résument à leurs chiffres records (hectares brûlés, durée de la lutte, moyens engagés, personnes évacuées, dégâts causés…). Il serait intéressant de produire des narrations et des analyses qui mettent l’ensemble de ces feux en perspective les uns avec les autres dans la façon dont ils affectent durablement les paysages, les habitant·es et même celles et ceux qui n’habitent pas là. En parlant par exemple de ce qu’il se passe en termes d’écologie ou de choix de reconstruction sur des territoires incendiés il y a plusieurs années. En faisant un bref historique des incendies passés sur un même territoire. En se demandant pourquoi ces récits des feux anciens tombent dans l’oubli. En comparant les prédictions du risque incendie et les événements. Enfin, en évoquant, ou mieux en dépliant, les couches historiques et politiques qui ont façonné ces paysages et leurs vulnérabilités. Car, bien que chaque incendie soit un événement territorialisé qui s’exprime différemment selon les conditions géographiques, sociales ou environnementales qu’il rencontre, et qu’à ce titre il est important qu’on le traite comme tel, tous ont pour cause commune des choix historiques et politiques responsables de leur inflammabilité.

En effet, la primauté des intérêts financiers et industriels sur ceux du vivant, avec notamment l’interdiction au XIXe siècle des pratiques paysannes en France2 et autochtones aux États-Unis de brûlage dans les forêts afin de ne pas mettre en danger la ressource bois, puis la primauté des intérêts touristiques et récréatifs de la forêt au XXe siècle3 et enfin le choix de l’étalement urbain et du mitage qu’il provoque tandis que disparaissent les usages et les sociétés agro-pastorales qui participaient pourtant à l’entretien de la lisière avec la forêt et donc à la protection des zones habitées face aux incendies. Il faut ainsi apprendre à voir dans ces forêts qui brûlent aujourd’hui, des paysages façonnés par des choix et des dynamiques enclenchées des siècles plus tôt et s’interroger alors sur la responsabilité de ces choix-là, au-delà de la simple question de la gestion de crise immédiate entreprise par la Préfecture. Rassembler ces incendies dans ce récit plus large pourrait nous permettre de nous interroger sur la désirabilité et la viabilités des paysages forestiers du futur, qu’ils soient habités ou non, et ainsi créer un espace de projections, de possibles et de désirs.

À écouter en replay | Après le feu : traverser la catastrophe et réinventer un territoire qui répare et nourrit・Rencontre Terrestres (2025)

Par ailleurs, il paraît important de tisser et d’entretenir des liens de solidarité entre territoires incendiés, pour partager des expériences, des apprentissages, des questionnements, et entre territoires déjà incendiés et territoires « pas encore » incendiés, car comme je l’ai d’abord entendu dans la bouche des pompiers californiens avant de l’entendre pour la première fois ce printemps dans la bouche des pompiers français : la question n’est pas de savoir si ça va brûler, mais quand est-ce que ça va brûler. En plus des bienfaits préventifs, cela réduirait considérablement le temps de la sidération de l’après-incendie.

Des réflexes ou des savoirs concrets pourraient être mis en commun, notamment en ce qui concerne les savoirs botaniques et écologiques qui aideraient les sinistré·es à comprendre le passage et les ravages du feu. Cela pourrait permettre un échange sur les pratiques, quant à la gestion des bois brûlés et des controverses qu’elle suscite, par exemple. Ces réseaux, qui dépassent ceux de l’entraide logistique apportée au moment de l’incendie et de la lutte, sont en train de se constituer entre l’Aude, le Diois, les Pyrénées-Orientales, Marseille, les Landes et la Gironde, malgré les grandes difficultés face auxquelles se retrouvent les sinistré·es après un mégafeu. Ils peuvent être fragiles, notamment lorsqu’ils permettent à des groupes politiques rassemblés autour de valeurs anti-écologiques de renforcer leur affiliation identitaire et leur sentiment de complotisme. Mais assez vite, ils mettent en lien des allié·es autour de la défense du vivant, du vivable et du désirable. Certains d’entre eux existent notamment parce qu’ils sont les héritiers de mouvements paysans ou militants importants tels que la Confédération Paysanne ou les Soulèvements de la Terre. Leur existence et leur connaissance des moyens de lutte permet de constituer une base de savoirs partageables et applicables ainsi que l’espoir d’un contre-pouvoir politique qui serait capable de déplacer les questions face auxquelles nous placent les incendies vers des sujets sociaux et politiques plus profonds que sidérants.

Des réseaux sont en train de se constituer entre l’Aude, le Diois, les Pyrénées-Orientales, Marseille, les Landes et la Gironde.

De plus, il semble fondamental de ne pas cantonner les feux à la saison estivale, aussi bien dans les médias que dans l’agenda politique ou la vie citoyenne et individuelle. Ils sont l’une de nos priorités climatiques qui ne peuvent plus souffrir d’être brandis comme des marronniers et contraints à une temporalité fragmentée qui se révélerait à nous seulement au moment de leur ignition. Les feux sont présents, même lorsqu’ils ne brûlent pas de manière débordante. Non seulement ils appartiennent à l’écosystème forestier, ils sont toujours là, en sourdine, mais ils sont aussi utilisés en hiver par des éleveurs et des pompiers à des fins de débroussaillage, de prévention anti-incendie et d’ouverture des milieux. Ces pratiques méritent d’être connues et mieux reconnues car, au-delà de leurs bienfaits sur la réduction de l’intensité en cas de passage d’un incendie, elles créent un espace de familiarité avec le feu qui sort alors de la rhétorique de la menace et de l’ennemi intérieur à abattre.

Incendies de 2026 dans la forêt des Landes vus depuis le Cap Ferret. Wikimedia.

Enfin, il est plus que nécessaire que soit abolie la frontière entre sécurité et société civile. Hormis composer le 18 lorsqu’une fumée est observée au loin, regarder les images des pompiers en grève se faire gazer par les CRS lorsqu’ils manifestent, ou exiger des comptes et des justifications quant aux stratégies déployées dans la lutte anti-incendie, nous avons peu de liens avec les sapeurs-pompiers et savons peu de choses sur le fonctionnement de leurs services. Et en tant que citoyen·nes, nous aurions beaucoup à gagner à comprendre leur structuration et leurs doctrines et à écouter leur manière de parler de leur métier et du feu. Cela réduirait le fossé qui nous sépare et nous permettrait d’une part de nous sentir moins dépossédé·es des éléments qui peuvent contribuer à nous faire nous sentir en sécurité en cas d’incendie. Et d’autre part, à pouvoir formuler des critiques et des demandes claires et propres à la sphère citoyenne qui ne reprennent pas seulement celles formulées et relayées par les médias.

Demander plus de Canadairs n’arrangera la lutte anti-incendie qu’au moment où les forêts brûlent, mais ne permettra ni de comprendre les autres moyens de défense mobilisés par les sapeurs-pompiers (comme l’usage du contre-feu par exemple, qui doit impérativement se développer au vu de la raréfaction de la ressource en eau), ni la complexité de leur mission au sol (appréhension du terrain, coordination des équipes, exposition aux fumées, calcul de la prise de risque…). L’accent mis sur la demande en Canadairs ne fait que renforcer l’illusion technosolutioniste au détriment des savoirs territorialisés. En revanche, comprendre les connaissances des pompiers sur l’état de la végétation, les controverses qui animent leurs rangs, les rapports hiérarchiques et bien d’autres choses, nous permettrait de pouvoir élargir et complexifier le spectre des expériences racontées post-incendie, de nous sentir moins exclu·es du théâtre des opérations de lutte et d’ouvrir un espace de compréhension mutuelle au-delà de simplement s’en remettre aux pompiers quand la forêt et la maison brûlent.

C’est sur tout cela que la sidération pose un voile opaque. Il est temps de le retirer pour regarder ce qu’il se passe en-dessous et jusque dans les plis de ses coutures. Le travail sera long, nous n’avons plus beaucoup de temps, mais il faut s’y atteler.


Image principale : Jarden Bellamkonda sur Unsplash.

NOUS AVONS BESOIN DE VOUS !

Depuis 2018, Terrestres est la revue de référence des écologies radicales.

À travers des essais, enquêtes, traductions inédites et récits de résistances, nous explorons les nouvelles pensées et pratiques nécessaires pour répondre à la catastrophe écologique.

Chaque semaine, nous publions en accès libre des articles qui approfondissent les enjeux écologiques, politiques, et sociaux, tout en critiquant l’emprise du capitalisme sur le vivant. Plus qu’une revue, Terrestres est un laboratoire d’idées et un lieu de réflexions critiques, essentielles à l’élaboration d’alternatives justes et émancipatrices.

En nous lisant, en partageant nos articles et en nous soutenant, par vos dons si vous le pouvez, vous prenez le parti de l’écologie radicale dans la bataille culturelle qui fait rage.

Merci ❤️ !

Notes

  1. Le terme mégafeu a été utilisé pour la première fois aux États-Unis en 2013 par le chef du service forestier pour désigner des feux dont l’ampleur et les comportements n’avaient jamais été vus auparavant ni par les professionnels, ni par les riverains. Depuis, le terme a beaucoup été relayé dans les médias mais le monde scientifique formule certaines critiques à son égard et propose d’une part de conserver ce terme au contexte états-unien et d’essayer d’en trouver d’autres pour d’autres situations tout en établissant des critères précis à partir desquels les feux pourraient être appelés ainsi. Voir notamment Stoof et al. “Megafire: An ambiguous and emotive term best avoided by science” ou Linley et al. “What do you mean “megafire”?”.[]
  2. Voir par exemple le travail de recherche de la géographe Pauline Vilain-Carlotti sur les pratiques de brûlage dirigé en Corse.[]
  3. Voir le travail de l’historienne de la forêt méditerranéenne Martine Chalvet.[]